Conditions de travail, droit du travail, liberté syndicale

Madame Pénicaud, c’est l’heure !

Nous avons écrit une lettre ouverte à l’attention de la Ministre du travail. Elle aborde la demande scandaleuse de Korian de pouvoir licencier notre déléguée syndicale, M. Khedidja, Aide médico-psychologique et lanceuse d’alerte. Collègues, salarié-es du secteur ou non, familles de personnes âgées en EHPAD, nous avons besoin de votre soutien !

Vous pouvez co-signer cette lettre ouverte en suivant ce lien

La lettre ouverte

Madame la Ministre du Travail,

cela fait plusieurs mois que vous avez sur votre bureau une demande de la multinationale “Korian – Expert des services de soin et d’accompagnement aux seniors”. Les dirigeants de cette entreprise vous ont en effet demandé de contredire vos services d’inspection du travail de l’Yonne. En avril dernier la Direccte avait refusé d’autoriser le licenciement de Mme M. Khedidja, aide-soignante auprès de personnes âgées et lanceuse d’alerte. Korian s’est donc tourné vers vous en juin dernier afin que vous vous prononciez sur cette demande de licenciement.

Korian vous demande d’autoriser le licenciement d’une représentante du personnel qui a joué son rôle d’élue. Elle a mis sur la table les dysfonctionnements de sa structure, les impacts que cela a sur les salarié-es mais aussi sur les personnes âgées accueillies.

Korian vous demande d’autoriser le licenciement d’une déléguée syndicale SUD Santé Sociaux – Union Syndicale Solidaires. Alors que les élections professionnelles auront lieu dans quelques semaines dans cette entreprise et que Khedidja bat la campagne électorale avec les autres militantes de la section syndicale.

Korian vous demande d’autoriser le licenciement d’une salariée qui a respecté les procédures internes et qui a alerté sa direction en constatant par exemple l’utilisation de médicaments et nourritures périmés. En juillet dernier, un audit interne piloté par l’employeur lui-même a d’ailleurs confirmé la présence de médicaments périmés. Dans un autre établissement Korian près de Toulouse, une enquête est toujours en cours suite au décès par intoxication alimentaire de 5 résident-es.

Comme vous le savez, cette histoire scandaleuse a de multiples volets, des procédures juridiques sont d’ores-et-déjà lancées et certains chapitres se régleront devant le conseil des Prud’hommes et devant les tribunaux au pénal. 

C’est donc à vous de décider, Madame la Ministre, depuis juin dernier. 

Vous connaissez le contexte catastrophique dans les EHPAD.

Madame Buzin, ministre des Solidarités et de la Santé, a été interpellée à plusieurs reprises par les salarié-es du secteur et de l’aide à domicile. Des reportages provoquent régulièrement un émoi important dans l’ensemble de la population. Des collectifs de familles d’usager-es se forment et se mobilisent régulièrement. Cette situation n’est pas sans faire écho à la mobilisation dans les services d’urgence des hôpitaux. 

La semaine passée, L’Obs a consacré un premier article sur ce cas particulier à Korian qui illustre une problématique globale. D’autres suivront. 

Autoriser le licenciement de Mme M. Khedidja serait un triple signal envoyé aux salarié-es, aux employeurs et aux usager-es des EHPAD. 

  1. Cela montrerait le désintérêt de l’ensemble du gouvernement sur la manière dont on traite nos aîné-es dans les EHPAD et le rôle que les salarié-es peuvent jouer en tant que lanceurs et lanceuses d’alerte,
  2. Cela entretiendrait le sentiment d’impunité qui règne dans un secteur fortement féminisé en matière de respect du droit du travail, 
  3. Cela en dirait long sur le peu de cas que vous faites de la notion de “salarié-e protégé-e”, concept juridique pourtant essentiel à l’exercice d’un mandat électif ou syndical dans une structure privée.

Ce n’est pas la première fois que des syndicalistes de l’Union Syndicale Solidaires et d’autres organisations syndicales font face à ce genre de procédure. 

Sachez donc que les salarié-es dans leur globalité, de la Santé, du Médico-social, du Social en particulier ainsi que les familles des personnes âgées et nos organisations attendent votre décision avec impatience.

Madame Pénicaud,
c’est l’heure de refuser le licenciement de Khedidja !

Lettre ouverte de la fédération Sud Santé Sociaux et de son Union Syndicale Solidaires. Septembre 2019

Pour aider Khadidja :

Co-signez cette lettre ouverte en suivant ce lien

– Relayez cette lettre ouverte autour de vous !

je soutiens la lettre ouverte à la Ministre du travail et je défends les conditions de travail et d’accueil en #EHPAD. Vous aussi signez sur http://www.sudsantesociaux.org/madamelaministre

– Prenez contact avec les syndicats SUD Santé Sociaux et l’Union Syndicale Solidaires la plus proche de chez vous.


Ensemble, levons l’omerta dans les EHPAD.

autres - divers

On parle de nous dans l’Obs

Nous évoquions à plusieurs reprises le cas « Korian Villa d’Azon ». Korian essaye de nous museler avec des procédures bidons avec le soutien d’autres organisation syndicales. Une de nos déléguée Syndicale est toujours menacée de licenciement.

L’Obs a consacré un article à cette situation. Voici quelques morceaux choisis :

Elle a dénoncé la souffrance au travail et la « maltraitance institutionnelle » 

Une douche par semaine […] des personnes démentes sont laissées par terre […] la journée entière avec la même protection [couche]

Le CHSCT vote une enquête externe […] l’enquête confirme un effectif insuffisant […] cette situation conduit aussi à des tensions au sein de l’équipe

Elles ont même reçu une lettre contenant des menaces à peine voilées

Cette histoire vous la connaissez grâce à ce blog et à SUD Santé Sociaux. La procédure est toujours en cours car Korian persiste et signe en demandant l’autorisation du licenciement à la ministre du travail. Il est intéressant de voir à quel point nos échanges avec les journalistes ont sidéré la rédaction d’un magazine.

Dans l’Ehpad où je travaille, on donne des produits périmés. Et la direction ne réagit pas

Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site de l’Obs

Et maintenant et bien : relayez, relayez, relayez ! Dans vos organisations, sur les réseaux sociaux, dans les établissements, dans les panneaux syndicaux !

Le dernier épisode : l’inspection refuse, Korian s’entête

sur cet article de notre blog

Et à très vite, on a une excellente nouvelle sur le front juridique avec Korian… #teasing


C’est les élections pro à Korian ! Renseignez-vous ! discutez-en avec les collègues et relayez l’info !
BTHE, Conditions de travail, témoignage

Tract pour les salarié-es Korian Villa d’Azon

Ce tract, dont le texte est intégralement repris ci-dessous peut être téléchargé et imprimé en cliquant ici

Retour vers le passé à Korian Villa d’Azon

Il y a quelques années, le personnel de Korian Villa d’Azon avait dû se battre pour ne plus subir les façons d’une direction qu’il trouvait semblables à celles d’une dictature. Malgré bien des séquelles, les salarié-es avaient eu gain de cause et la direction avait changé.
Mais depuis quelques mois et l’arrivée d’une nouvelle directrice, les vieux démons ont ressurgi et repris du sevice à grands coups de diviser pour mieux régner ou d’autres méthodes managériales indignes, d’un autre âge, …

Pour les ancien-ne-s salarié-es, le climat sain n’aura finalement pas duré… Ou pas suffisamment pour oublier le passé et pour accepter une nouvelle fois l’impression que le harcèlement pourrait faire la loi. Et pour bien d’autres aussi, le climat est insupportable.
Les temps de la bientraitance et de la bienveillance sont-ils à Durée Déterminée dans le temps ?

Si oui, la grande majorité du personnel ancien qui avait repris goût à venir travailler sur l’établissement et qui avait retrouvé le sourire, refuserait catégoriquement un tel contrat unilatéral, de même pour tous les autres salarié-es qui n’ont pas connu l’époque passée.

Pour la majorité des salarié-es, il est hors de question que les façons managériales mises en cause continuent ! Et pourtant, malgré des signalements répétés et la continuelle réponse « Cela va s’arranger », un climat inacceptable se développe chaque jour un peu plus.

Pour les salarié-es en colère, il n’est pas question d’attendre d’avantage ! Le personnel refuse de subir de telles pratiques injustifiées (attitudes ou réflexions inadaptées, questionnements ou autres méthodes déstabilisantes, pressions, autoritarisme, etc) et en exige sans condition la cesse définitive et sans délai.

OUI A LA BIENVEILLANCE, NON A LA MALTRAITANCE !