Actu sociale

Vieillissement et dépendance : des inégalités qui se creusent

Le chantier est énorme et urgent.

Comment assurer le financement du maintien à domicile ou du séjour en maison de retraite des personnes dépendantes dont le nombre va doubler d’ici à 2040 ?

Instaurée en janvier 2002, l’aide personnalisée d’autonomie, l’APA, a su jusque-là répondre aux besoins, mais des voix s’élèvent pour réclamer une remise à plat de ce dispositif car des inégalités sont apparues. Et elles ne cessent de se creuser.

Pour aider les familles confrontées à la perte d’autonomie de l’un de leurs proches, le gouvernement s’apprête à lancer début mai — sur le modèle de ce qui existe déjà pour les carburants — un site Internet public permettant de comparer les tarifs entre établissements. Il était temps, car le projet avait été annoncé par Benoît Hamon, alors ministre délégué à la Consommation, en juillet 2013.

Mais cet effort salutaire de transparence ne résoudra pas tous les problèmes. Car tirés par le coût du foncier, la facture des maisons de retraite dans certains départements s’envole. C’est le cas en Ile-de-France, notamment, où le revenu moyen d’un ménage de retraités s’élève à 2 056 € tandis que le tarif moyen d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) atteint 2 502 € par mois et par personne. A l’inverse, en Vendée, une maison de retraite ne coûte « que » 1 342 € environ, soit 85 % du revenu moyen d’un ménage de retraités. Or, le barême de l’APA étant fixé au niveau national, cette aide ne permet pas de corriger ces inégalités géographiques. La solution pour beaucoup de familles est alors de placer leur parent dans une région où les places en établissement sont moins onéreuses, ce qui entraîne rupture familiale, aggravation de la dépendance et frais de transport.

L’autre grande inégalité concerne les conseils généraux, qui versent l’APA et pour qui le financement de la dépendance ne pèse pas le même poids dans leur budget. …

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BTHE, Conditions de travail

Inégalités Femmes Hommes : L’analyse sexuée des chiffres-clés de la sinistralité au travail révèle d’importantes inégalités femmes-hommes

Pour la journée internationale de la Femme, nous avons voulu relayer une analyse de l’ANACT ( Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) lien vers l’article de l’ANACT Cette analyse fait ressortir que les secteurs des services de la santé et des services de l’action sociale sont particulièrement touchés par les inégalités soulignées. Et pour pousser encore plus loin l’analyse nous encourageons à une réflexion sur le lien qu’il peut y avoir entre ces inégalités et la précarité, très présentes dans les secteurs couverts par les syndicats Santé Sociaux.

L’Anact a réalisé une analyse sexuée des chiffres de la sinistralité au travail qui met en lumière des inégalités entre les femmes et les hommes en matière de santé au travail. Constats, analyse et préconisations.

L’analyse sexuée et longitudinale des données sur la sinistralité publiées par la Cnamts permet plusieurs constats :
Si les accidents du travail baissent globalement entre 2001 et 2012, ils progressent nettement pour les femmes.
Depuis 2001, les accidents de trajet sont en baisse pour les hommes mais en progression pour les femmes.
Les maladies professionnelles progressent près de deux fois plus rapidement pour les femmes que pour les hommes.

L’évolution de la sinistralité au travail pour les femmes et les hommes depuis 2001

Entre 2001 et 2012, les accidents du travail ont augmenté pour les femmes (+20,3%), ainsi que les accidents de trajet (+15%) tandis qu’ils ont baissé pour les hommes : accidents de travail (-23,3%), et accidents de trajet (-9%). Les maladies professionnelles reconnues ont fortement augmenté pour les femmes (+169,8%). Pour les hommes, on constate également une augmentation des maladies professionnelles, sur la même période, moins forte que pour les femmes (+91,2%).

Sinistralité au travail : focus genré en 2012

L’analyse statistique révèle qu’en 2012, les accidents du travail concernent nettement plus les hommes (67,5%) que les femmes (32,5%), les accidents de trajet concernent un peu plus les femmes (52,3%) que les hommes (47,7%), et les maladies professionnelles reconnues concernent quasiment autant les hommes (51,1%) que les femmes (48,9%).

Les branches d’activités les plus accidentogènes en 2012

En 2012, le BTP et les industries transports, eau, gaz, électricité comptabilisent le plus d’accidents du travail pour les hommes. Les services de santé, nettoyage et travail temporaire et les services, commerces et industries de l’alimentation enregistrent le plus d’accidents de travail pour les femmes.

En 2012, les deux branches d’activité qui enregistrent le plus d’accidents de trajet concernant des femmes sont les services, santé, nettoyage et travail temporaire et les secteurs de la banque, assurances et administrations. Pour les hommes, ce sont les secteurs des services, commerces et industries de l’alimentation et ceux de la santé, action sociale, nettoyage et travail temporaire qui comptent le plus d’accidents de trajet.

En 2012, les branches d’activité qui totalisent le plus de maladies professionnelles pour les femmes sont les services, commerces, et industries de l’alimentation ainsi que les services, santé, nettoyage et travail temporaire. Pour les hommes, ce sont le BTP et la métallurgie.

Un appel à chausser les « lunettes du genre »

Cette étude au regard du genre, par risque et par secteur permet d’avancer que les différences constatées en termes de sinistralité des femmes et des hommes renvoient pour une grande partie à une exposition différenciée liée à des métiers distincts.

Les politiques de santé et sécurité au travail pourraient mobiliser ce regard « genré » pour progresser dans la prévention de la sinistralité pour toutes et tous au travers de pistes d’action préconisées dans la « Photographie »
statistique des accidents de travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles en France selon le sexe entre 2001 et 2012″ réalisée par l’Anact et disponible ci-dessous.

L’étude complète et son infographie

Retrouvez dans le document « Photographie statistique des accidents de travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles en France selon le sexe entre 2001 et 2012 » l’intégralité de l’analyse réalisée par l’Anact accompagnée de préconisations.