Actu sociale

Le Conseil Général de l’Essonne s’indigne après l’exclusion d’une résidente d’EHPAD

C’est ce qu’a indiqué le Président du Conseil Général de l’Essonne le 31 octobre 2014, dans un communiqué de Presse :

La fin de la prise en charge d’une résidente de l’Ehpad Le Repotel : une décision mise en œuvre dans des conditions indignes et inacceptables

Le Conseil général est indigné par les conditions dans lesquelles la direction de l’Ehpad privé Le Repotel de Marcoussis a mis fin à la prise en charge de Mme Anaïs Reuter.

Le Conseil général a appris cette décision par un courrier de la direction de l’Ehpad en date du 16 octobre et a exigé des explications.

La direction de l’Ehpad a jugé que, face aux difficultés rencontrées avec la famille de cette résidente, l’établissement n’était plus en mesure d’accueillir Mme Reuter dans les conditions permettant une bonne prise en charge et un climat de confiance.

Particulièrement soucieux du bien-être des personnes âgées, le Conseil général considère que les conditions dans lesquelles il a été mis fin à la prise en charge de Mme Reuter sont inacceptables.

Sur le plan légal, l’Ehpad contrevient en effet aux obligations qui lui incombent en matière de respect des dispositions prévues par le contrat de séjour le liant aux résidents.

‐ En mettant unilatéralement fin le 15 octobre au contrat de séjour conclu avec Mme Reuter (alors qu’elle était hospitalisée à l’Hôpital de Bligny depuis le 13 octobre), l’Ehpdad n’a pas respecté la période de préavis légale d’un mois prévue dans le contrat. Ce délai aurait pu permettre à la résidente de saisir le conseil de la vie sociale de l’établissement. Cette saisine aurait permis en outre de démontrer que le motif de rupture du contrat n’entre pas dans les dispositions prévues.

‐ De plus, la chambre occupée par Mme Reuter a été réattribuée en son absence à un autre résident, ce qui constitue une violation de l’espace privé, tout résident ayant la jouissance exclusive de son logement.

En sa qualité d’autorité tutélaire de l’Ehpad, aux côtés de l’ARS (Agence régionale de santé), le Conseil général a décidé de convoquer très prochainement la direction de l’établissement afin d’examiner les suites qu’il convient de réserver à cette affaire.

Actu sociale, BTHE

Vent de contestation de salariés dans des EHPAD vendéens

Plusieurs articles parus la semaine dernière dans le journal Ouest France abordent la situation des EHPAD vendéen vue par FO Santé qui s’inquiète des conditions de travail dans les maisons de retraite et pointe du doigt une « mauvaise gestion financière » et la réaction d’associations et du conseil général.

 « On en est à remplacer les remplaçantes », observe Aude Moinard, infirmière de Mareuil-sur-Lay. À Force Ouvrière Santé, les rangs s’étoffent ces dernières années. Infirmières et agents des services hospitaliers (ASH) arrivent, à bout de nerfs.

La situation devient très difficile dans les maisons de retraite (Ehpad). Centre hospitalier, territorial ou associatif, « les dégradations des conditions de travail sont notables dans la plupart des 150 établissements vendéens », alarme Patrick Bourasseau, responsable en Vendée

Effectifs réduits oblige, le personnel se trouve rappelé à la dernière minute pour combler les places vacantes. « Parfois, je termine à 21 h et on me demande d’enchaîner le lendemain, à 6 h », témoigne Peggy, infirmière à La Ferrière. Et si personne n’est disponible, « des ASH font le travail avec les infirmières. Sans rémunération compensatoire, ni diplôme adapté ! »

Elle aborde la « tension dans l’équipe » et les « onze burn out, l’an passé, dans un établissement voisin ». Signe d’un épuisement total. De leur côté les résidents pâtissent des conséquences. Douches tous les quinze jours, temps des toilettes réduits de moitié, repas express en quatre minutes. « La maltraitance devient monnaie courante », déplore-t-elle.

Un budget « mal géré »

À l’origine du problème : des économies budgétaires. Le ratio actuel se situe à 0,57 soignant par patient en centre hospitalier et entre 0,40 et 0,50 pour les Ehpad territoriaux. « Nous voudrions un soignant pour un patient », demande Patrick Bourasseau.

Les représentants de Force Ouvrière estiment que « le problème vient des financeurs. » Et ils pointent notamment le conseil général, essentiel pour débloquer la participation de l’État. « Le conseil général ne veut pas plus de 0,20 soignant par résident et, du coup, n’a pas investi son tiers », accusent-ils. Conséquence : 10 millions d’euros seraient revenus à l’Agence régionale de santé (ARS).

Alertée par le syndicat, l’ARS pousserait pour « débloquer la situation avec le conseil général », assure Patrick Bourasseau.

source : http://www.ouest-france.fr/ehpad-vent-de-contestation-des-salaries-2642793

 

Suite à l’article paru sur les conditions de travail dans les Ehpad en Vendée (lire Ouest-France du vendredi 20 juin), l’association des directeurs d’établissement et de services pour personnes âgées (Fnadepa) et l’association des infirmières référentes en Ehpad souhaitent réagir aux propos tenus par le syndicat Force Ouvrière. « Oui, le contexte économique est tendu, les budgets serrés, reconnaissent-ils. Oui, travailler au service des personnes âgées, c’est assurer un service public 24 heures sur 24. Oui, les conditions de travail sont difficiles, les ratios insuffisants. »

Les deux associations tiennent néanmoins à assurer que les moyens sont optimisés « pour un accompagnement digne. » Ils tiennent à préciser que « la maltraitance n’est pas monnaie courante, ce ne sont que des cas isolés, dénoncés par l’ensemble des professionnels de la gérontologie. »

Source : http://www.ouest-france.fr/ehpad-la-federation-reagit-aux-propos-du-syndicat-fo-2659369

Suite à l’article paru sur les conditions de travail dans les Ehpad en Vendée (édition Ouest-France du vendredi 20 juin), le conseil général souhaite réagir aux propos tenus par le syndicat Force Ouvrière. Pour rappel, les représentants du syndicat accusaient la « mauvaise » gestion des financeurs. Ils pointaient notamment « l’absence d’un tiers de financement du conseil général », essentiel pour débloquer la participation de l’État.

Le conseil général qualifie ces propos « d’inexacts, partiels et injustes ». Il rapporte que le montant de l’aide sociale versée aux résidents, « destiné à financer les soins et la prise en charge, correspond à 0,2 équivalent temps plein par résident et est fixé conjointement avec l’État ».

Le conseil général se défend quant aux plaintes du syndicat d’un manque de personnels. Ils se « contentent d’évoquer le niveau minimum d’emplois autorisés et financés, poursuit-il. Ce niveau (0,2 soignant par habitant) s’applique seulement à certains établissements dont les résidents ont un niveau de dépendance faible ». Il a tenu à préciser l’augmentation de sa participation en faveur des personnes âgées de « près de 3 millions d’euros cette année ».

Source : http://www.ouest-france.fr/ehpad-le-conseil-general-reagit-aux-propos-de-fo-2645780

Actu sociale, BTHE, Conditions de travail, Economie Santé Privé Lucratif

Effectifs en EHPAD : C’est quoi le problème ?

Le nombre de postes est-t-il suffisant (notamment dans le soin)? Qu’en est-il de leur financement et est il bien utilisé?

Qui finance ? Qui contrôle ? Et pourquoi ça râle tant parmi les personnels bon sang de bonsoir ?

Le model EHPAD ?

En théorie, il est bien adapté aux besoins : Il permet l’hébergement et le soin, le maintien du lien social, de la dignité et de la liberté, de nos aînés dans le respect de leurs souhaits et de leurs différences.

En pratique c’est plus compliqué…
Engouffrés dans le vaste Eldorado de la santé privée lucrative, des entreprises s’y régalent en profitant de larges subventions publiques favorisant des profits colossaux réalisés sur le dos des aînés et des personnels de santé, avec l’argent du contribuable.

Ces profits, que nous appelons « or gris », suscitent tous les intérêts (excusez le jeu de mot facile) de grandes entreprises spécialisées dans l’exploitation de la dépendance.

Des actionnaires ont donc fait leur apparitions au fil du temps et leurs entreprises ne cessent de gagner des parts de marché.
La soif de dividendes poussent à toujours plus de pressions sur les leviers de profitabilité (effectifs, masses salariales, équipements, coût de fonctionnement ou suppléments de service/facturation).

Concrètement :

Une très bonne prise en charge nécessite un nombre conséquent de personnel qualifiés.
Une prise en charge minimale ou de qualité déguisée peut se contenter d’effectifs bien moindres.

En claire, une mauvaise prise en charge coûte généralement moins qu’une bonne. Cela s’explique par le fait que :

– Des salariés non formés/diplômés peuvent légalement être rémunérés moins chers que les diplômés.
Soit pour les temps plein les moins chanceux, à peine 1130€ net mensuel. Bon nombre d’AS ou d’ASH gagnent guère plus. Serveurs de restaurants et hôtesses d’accueil sont les métiers ayant les salaires conventionnel les plus bas au regard des qualifications exigées..

Il ne faut donc pas s’étonner de trouver autant de personnels non diplômés faisant fonction d’Aide Soignant à moindre coût. Certains employeurs osent même parfois escamoter la rémunération en dessous d’un minimum légal conventionnel déjà bien bas.

Les initiatives patronales en faveur des formations, se font souvent par les chemins les plus laborieux, les plus longs et les moins coûteux (les moins diplômants) ce qui repoussent d’autant plus la revalorisation de salaire.

– Des créations de postes entraîneraient des salaires supplémentaires. Ça coule de source. Les salariés et les représentant du personnel qui se plaignent des charges de travail trop lourdes et du manque de personnel, s’entendent donc dire que malheureusement il n’y a pas plus de budget mais que le nombre de personnel est respectueux du minimum obligatoire.

Mais la logique marchande va bien plus loin. Certaines entreprises réalisent des économies supplémentaires en ne remplaçant pas certaines absences ou congés. Elle peuvent aussi, repousser ou gelées des embauches de créations de postes (alors même que des subventions publiques les financent)… C’est autant de temps durant lesquels des subventions publique prévues pour financer du personnel peuvent être détournée de leur fonction au détriment du service et des conditions de travail.

En théorie, les subventions publiques qui n’ont pas été employées doivent être rendues aux ARS et Conseils généraux, afin qu’une entreprise ne puisse justement détourner une aide publique de sa fonction. Mais cela ne vaut que si l’entreprise respecte la transparence envers le financeur public qui ne peut réclamer un trop perçu que s’il en a connaissance.

Lorsque bas salaires et mauvaises conditions de travail rivalisent en terme d’attractivité, mais que des managers et directions ne trouvent meilleurs réponse que dans des dissimulation ou la méthode Coué, les mécontentements, lassitudes, et autres risques psychosociaux s’amplifient à tout niveaux (personnel et usagers).

Alors que faire ?

Plutôt que de maudire ou de vouloir écarter qui oserait parler de tout ça, comme de la cause principale de bien des dysfonctionnements en plus de la mise en danger du personnel, les cadres dirigeants et les directions d’établissements concernés seraient bien inspirés de prendre le temps d’une réflexion éthique sur l’exigence sociétale comparée à la politique d’entreprise à laquelle ils adhérent et d’analyser toute les conséquences de tout cela.

Le gouvernement vient de relancer son projet de loi pour « l’adaptation de la société au vieillissement de la population ». Un projet qui doit repenser les systèmes d’aide, d’accueil et de prise en charge de nos aînés, dont le nombre ne cesse d’augmenter.

De l’autonomie à la dépendance puis à la fin de vie, c’est toute la société qui a besoin d’être adaptée.

En terme de services marchands, cela concerne et concernera tous les organismes et entreprises spécialisés dans l’aide à domicile ou l’hébergement (médicalisé ou non) de personnes âgées.
Beaucoup d’entreprises et d’investisseurs santé suivent donc tout ça de très près, à l’affut des moindres appels d’offres qui pourraient leur apporter de nouvelles subventions pour booster encore leurs sacro-saints profits.

Le gouvernement se montrera sans doute aussi spectaculaire que ses prédécesseur dans sa passivité à « moraliser le capitalisme ».

Mais heureusement la Solidarité Unitaire et Démocratique de SUD n’est pas avar de ses efforts.

Merci aux nombreux témoignages et aux renseignements précieux que certains lecteurs nous adressent. L’information, la connaissance, et le partage étant au cœur de l’efficacité syndicale, nous rappelons que vous pouvez utilisez le formulaire contact dans la partie droite de ce blog pour nous adresser témoignages ou questions. Pour nous communiquer des documents numériques, le meilleur moyen de le faire c’est par e-mail en cliquant sur ce lien. (un gain de temps pour nous comme pour vous).

Actu sociale

EHPAD – réglementation, fonctionnement et tarificiation


De plus en plus de familles de résidents en EHPAD nous transmettre leurs témoignages souvent très riches sur telle ou telle expérience ou problématique rencontrée dans un EHPAD du groupe Korian ou nous questionnent sur des points institutionnels complexes renvoyant au statut des EHPAD.

Nous remercions ceux et celles qui nous adressent ainsi leurs témoignages, informations et soutiens. Lesquels rejoignent généralement les préoccupations des salariés que nous représentons.

Comme nous n’avons pas toujours le temps de répondre, et parce qu’un lecteur averti en vaut deux, voici un article qui devrait satisfaire la plupart des demandes.

Certaines des questions trouveront leur réponse dans le Code de l’action social et des familles, en particulier le Livre III: Action sociale et médico-sociale mise en oeuvre par des établissements et des services (titre IV, Chapitre II)  et, pour les contentieux liés à la tarification, le Titre V.

Mais dans la majorité des cas, les questions qui travaillent les familles de résidents devraient trouver réponse en consultant Notre bibliothèque de documents EHPAD et les 2 liens suivants:

_ les 10 questions sur le financement des Ehpad
et
_ la fiche wikipédia : Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes d
ont voici
le Sommaire :

Voir aussi