Economie Santé Privé Lucratif, EHPAD du groupe, Politique groupe

Korian rachète un groupe allemand et peut gagner 35 millions d’euros annuels de plus

+ de croissance, + d’établissements, + de lits, « économie d’échelle », … : Une approche très pragmatique du vieillissement de la population très loin de la vision sociale et humaniste pour laquelle SUD et SOLIDAIRES militent.

Hospimedia relai un communiqué de presse du 20 janvier, dans lequel le groupe Korian-Médica a annoncé l’acquisition, en janvier 2015, du groupe allemand Evergreen Holding GmbH, suite à l’accord annoncé le 28 octobre 2014.

« Implanté dans l’Ouest de l’Allemagne, ce groupe régional exploite six établissements et développe quatre projets qui permettront, à terme, d’accroître notre réseau de plus de 1 100 lits de maisons de retraite et résidences services« , précise le groupe. 35 millions d’euros (M€) de chiffre d’affaires supplémentaires sont attendus suite à cette opération. Revenant également sur l’absorption, en décembre dernier, de Curanum par la filiale allemande de Korian-Médica, le groupe en profite pour rappeler donc son objectif à horizon 2016 : une croissance de plus de 1 000 lits par an.

Economie Santé Privé Lucratif

Le réseau de maintien à domicile Adhap Services intègre le groupe Orpéa

Domicile, SSR, EHPAD : Les gros acteurs de la dépendance veulent de plus en plus mettre la main sur les 3 bouts.

Voire l’article Hospimedia Publié le 14/01/15, extraits :

Après être devenu, en janvier 2014, actionnaire majoritaire du réseau de services à la personne Domidom, le groupe Orpéa réitère l’expérience avec l’acquisition du réseau Adhap Services le 1er décembre dernier. Ce partenariat, précise le réseau dans un communiqué, « vise à faciliter la prise en charge des personnes en perte d’autonomie entre le domicile, les cliniques de soins de suite et de réadaptation (SSR) et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ».

Les nouveaux partenaires veulent « structurer le marché en donnant naissance à un acteur de poids qui s’organise désormais autour d’un réel parcours de vie pour les personnes en perte d’autonomie : “clinique – domicile – maison de retraite“.

Le réseau présente ce rapprochement comme une opportunité pour les 83 franchisés et 159 implantations.

Orpéa n’est pas le seul groupe privé commercial à s’être tourné vers le domicile, DomusVi est également positionné sur ce secteur. Une évolution qui n’a pas échappé aux fédérations, et a conduit le Synerpa et la Fédération des services à la personne et de proximité (Fedesap) à signer une convention de partenariat.

La stratégie nationale de santé et du projet de loi Vieillissement, l’envie de profiter au plus prés de l’évolution du secteur et de créer une filière privée lucrative de l’accompagnement des personnes âgées, inspirent les gros acteurs du marché.

Economie Santé Privé Lucratif

Bonne année : 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaire en ligne de mire, 43% d’augmentation en bourse et 57,4% de croissance sur 9 mois pour Korian Medica en 2014

Ce blog permet l’échange et la collaboration entre les salariés de différents établissements ou sociétés. Si vous avez une question, ou une remarque, utilisez le formulaire dans la colonne de droite ou « commentaire » en fin d’article. Et pour trouver le syndicat SUD prés de chez vous, cliquez là


Korian Medica
a progressé cette année de 43% en Bourse. Côté concurence la bourse a donné prés de 35% pour le Noble Age alors qu’Orpea n’a enregistré qu’un gain annuel de 22%. C’est donc Korian-Medica qui remporte le concours du plus gros pourcentage 2014 !

57,4% de croissance sur 9 mois, 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaire visé sur l’ensemble de l’année 2015, voilà qui devrait ravir les dizaines de milliers de salariés et d’usagers de Korian-Medica… Non?

Cela nous oblige bien évidement à réviser la copie des voeux que nous souhaitions adresser…
Effectivement, au vu de la situation, souhaiter une longue vie à la prospérité, au rendement, et aux trés gros profits serait un peu has been et sous estimerait passablement le porte de feuilles des actionnaires.

Alors du coup, que tous les salariés et usagers qui ont permis ces hausses et ces profits records nous excusent si nous laissons de côté les hyper soux qu’ils ont généreusement offerts, sans faire plus cas de notre exaltation.

Modestement, nous préférons ne souhaiter à la place qu’une bonne et longue santé à chacun, une augmentation de l’humain à 57%, 43% de hausse de l’action en ce sens, et 2,5 milliards de liens de solidarités.

Ce sont là les meilleurs voeux de SUD Santé Sociaux Korian-Medica pour 2015.

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Docte Gestio, le groupe qui rend le médico-social lucratif

Tant que l’effondrement du service public et de la protection sociale profiteront au secteur commercial avec le soutien et la complaisance de l’Etat, le système français, si efficace après guerre, n’est pas prés de se redresser et le service, la santé et le social n’en sortiront guère grandis…

Hopitaux, cliniques, EHPAD, rien n’échappe à l’appétit de ces groupes lucratifs, par l’action de qui il est de plus en plus chers/rentable de se soigner comme il est de plus en plus cher/rentable d’accéder à une vraie protection sociale, avec tous les intérêts liés que l’on sait entre assureurs et gestionnaires de santé privé.

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Dans un article de TSA-Quotidien, la privatisation du secteur médico-social fait parler d’elle avec l’exemple récent du groupe commercial Docte Gestio qui est en passe de reprendre un service d’aide à domicile de la Croix-Rouge française

Docte Gestio, spécialisé dans l’immobilier, se diversifie aujourd’hui dans l’accompagnement des personnes âgées ou handicapées. « Docte Gestio entend sauver les structures en faillite, en leur appliquant les méthodes de l’entreprise privée ». Méthode qui ne manque pas de faire régulièrement ses preuves en matière de profitabilité oubliant proportionnellement en route les notions humaines de base que le citoyen associe généralement à la santé, au soin et au social.

Nous ne connaissons que trop bien les conséquences de la privatisation pour ne pas s’inquiéter des conséquences pour l’usager comme pour le salarié.

Actu sociale, Economie Santé Privé Lucratif

Vives tensions à la clinique Bouchard de Marseille, groupe Vitalia

3 délégués du personnel des syndicats SUD Santé Sociaux, UNSA et FO de la clinique Bouchard de Marseille ont interpellé la direction générale de Vitalia de Marseille, par courrier ci dessous. Après la gréve à la stérilisation de la polyclinique de Gentilly, c’est la seconde fois en peu de temps que le groupe Vitalia se fait interpeller quant à sa gestion de l’humain.

Courrier des délégués à la direction générale :

Nos diverses demandes de négociation avec la direction de la clinique Bouchard concernant des changements de planning au sein de la maternité et de l’organisation des agents de services hospitaliers n’ont pas été entendues. Le dialogue social est rompu face aux décisions unilatérales de l’établissement et nous sommes maintenant dans une impasse. Nous vous demandons le rétablissement du dialogue social sans quoi nous serions amenés à conduire des actions pour faire valoir nos droits.

Dans tous les autres secteurs de la clinique, les salariés ont depuis plusieurs années effectué de nombreux efforts pour l’amélioration de la rentabilité tout en conservant la qualité des soins. Nous arrivons dans une situation où les ressources humaines ne peuvent plus être amoindries. Notre établissement se veut d’un haut niveau de prise en charge du patient et de qualité des soins et cela est incompatible avec la politique managériale actuelle. Cette dernière agressive et uniquement orientée sur les chiffres et le souci de rentabilité nous conduit dans une impasse.

Cette vision à court terme au-delà même de la casse sociale qu’elle génère, amène une diminution grave de la qualité des soins préjudiciable dans le temps au recrutement des patients et à la santé financière de la clinique.

La situation sociale est d’une extrême gravité et les délégués du personnel font face au mal être de nombreux salariés, nous vous demandons des réponses rapides et appropriées.

Logo Sud santé sociaux

Economie Santé Privé Lucratif, Politique groupe

Interview du directeur général de Korian-Medica, Yann Coléou

Dans une interview donnée à l’émission Direct Marchés pour la chaine TV Finance, Yann Coléou revient avec enthousiasme sur les fusions en cours, sur les perspectives du vieillissement de la population et sur les orientations stratégiques à attendre de sa part face à la concurence :

L’entreprise doit gérer rapidement une double fusion : avec Curanum en Allemagne et avec Medica en France.

Le développement de l’entreprise repose sur des acquisitions (rachats, fusions) et sur des créations d’établissements. Pour financer son expansion, l’entreprise peut compter sur un cash flow annuel de 200 Millions d’euros ( parce que la dépendance et la santé rapportent gros), et sur une dette à hauteur de 3 fois l’EBITDA.

Le titre en bourse

Le groupe continuera à « donner », à « distribuer » des dividendes à ses actionnaires parce qu’ils y sont attentifs nous dit Yann Coléou, citant le Crédit Agricole Assurance, MAAF assurance, et Malakoff-Mederic.

Pour se différencier de la concurrence, le directeur général souhaite augmenter le rapport qualité-prix en agissant sur le facteur humain et donc sur le personnel. Pour ça il mise sur le management.

Parce que dit-il, il est presque plus facile de recruter un client qu’une infirmière. Ce qui pour nous en dit long sur l’attractivité des postes proposés ou sur les conditions de travail en général. Dommage que M. Coléou n’ait relevé la question sur les aides-soignantes (1er métier du groupe) préférant prendre le cas de 2 IDE devenus cadres dirigeants du groupe.

Très peu est divulgué quant au contenu du nouveau management sinon l’idée qu’il existe des possibilités d’évolution de carrière et de promotion interne. Et malheureusement, pas un mot quant aux négociations en cours portant sur les instances représentatives du personnel.

Sur le contenu du management, nous conseillons de développer l’équité pure et parfaite (les plus carriéristes n’étant pas nécessairement les meilleurs ni les plus méritant) , l’accompagnement, le conseil, l’écoute et la prise en compte, l’esprit d’équipe, les IRP, la reconnaissance et d’éviter toute mise en échec, mise en tensions d’équipes, mise en concurrence inter salariés, les tentations de la flexibilité, l’unilatéralisme, les divisions.

Autres pistes à creuser selon nous : des effectifs moins serrés, des efforts plus motivés côté recrutements et remplacements et des salaires plus attractifs (pas seulement pour les dirigeants).

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En 2015 l’activité immobilière Ehpad du groupe Noble Âge compte s’intensifier

Faisant comme ses concurrents du privé lucratif, Le Noble Âge a pris son tour dans la partie de monopoly qui ne fait que commencer et a communiqué le 6 novembre sur ses résultats du 3e trimestre 2014.

Le chiffre d’affaires (CA) est en hausse de 15,2% par rapport à 2013 soit 88 millions d’euros (M€), contre 76,4 M€ en 2013. Le CA Exploitation du groupe est de 300 M€ pour l’exercice 2014 (18,1% en un an).

Des chiffres et encore des chiffres qui nous montre bien à quoi tient la « bonne santé » du secteur.
Les cours de la bourse des entreprises privées concurrentes semblent fonctionner en miroirs : certaines ont leur cours au dessus et d’autres en dessous mais à quelques rares soubresauts prés leurs courbes forment les mêmes dessins.
Sans surprise, la majeure partie du profit du Noble Age provient de son activité long séjour (Ehpad et maisons de repos) : 50,11 M€ soit 66,1% du résultat Exploitation, loin devant le moyen séjour (soins de suite et de réadaptation SSR, psychiatrie, hospitalisation à domicile) représentent 25,41 M€ mais qui progresse avec une croissance soutenue de 24,3% contre 14,6% de croissance pour le long séjour.
250 lits d’Ehpad ont été ouverts au 1er semestre 2014 par Le Noble Âge qui prévoit d’augmenter l’offre à 500 places d’ici la fin d’année.

Côté immobilier, le groupe prévoit deux livraisons d’Ehpad et 4 constructions neuves. Avec 6 autres opérations pour un total de 750 lits en long séjour », le groupe précise dans son communiqué que l’activité immobilière est amené à s’intensifier sur 2015.

Il faut s’attendre en perspective à une intensification de la concurence laquelle auprès des acteurs du marché pourrait pousser vers deux orientations distinctes concernant la santé et la prise en charge des usagers :
– Soit une course effrénée à la profitabilité sur l’ensemble des structures (équipements, masses salariales, flexibilité, effectifs, …)
– Soit une concurence plus qualitative y compris .

Les actionnaires seraient-ils assez patients pour la deuxième option aux rendement moins rapides ?
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Orpéa : Un chiffre d’affaires à l’étranger qui a doublé en 1 an

Orpéa a confirmer l’objectif de croissance de son CA de +20% par rapport à 2013, soit 1,93milliards d’euros (Md€)

Des chiffres qui font rêver les boursicoteurs mais qui nous laisse plus que sceptique quant à la déclinaison de tout ça en terme de croissance salariale, de condition de travail et de soin. Nous avions d’ailleurs réagit lorsqu’en décembre dernier la presse économique soulignait un besoin d’accélération internationale « faute de dimension spéculative »

En effet, ce type de croissance à deux chiffres en période de crise s’appuie en grande partie sur des acquisitions nouvelles financées via les bénéfices mutualisés des autres établissements et donc sur le dos des salariés.

Orpéa a acquis 650 nouveaux lits sur le 3e trimestre et un total de 2 000 depuis le début d’année.

+11% au 1er trimestre, +16% au 2e trimestre et +29% au 3e trimestre : En 2014 la croissance de l’activité d’Orpéa à l’étranger n’a cessé d’accélérer. C’est ce qui ressort des résultats du groupe communiqué le 5 novembre par Yves Le Masne, directeur général d’Orpéa.

Sur un chiffre d’affaires (CA) total de 1.41 milliards d’euros (Md€), soit une croissance de +19%, « le chiffre d’affaires hors de France a plus que doublé » indique Yves le Masne, la part de l’activité en France n’étant plus que de 72%.

A noter sur l’année : 5 nouveaux établissements en France, les acquisitions de Silver Care en Allemagne et Senevita en Suisse, la fermeture de 3 établissements en Espagne, et l’ouverture d’un premier établissement du groupe de 240 lits en Chine pour le 2e trimestre 2015.

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Les entreprises privées gestionnaires d’EHPAD

Un états des lieux réalisé en 2012 montrait que le secteur des EHPAD commerciaux comptabilisait alors 114 000 lits dont 64% gérés par les 15 premiers groupes. Et au rythme où vont les acquisitions et les logiques de croissance on peut facilement imaginer que cela ne se resserre encore continuellement et que les petits groupes sous la barre des 500 lits notamment ne soient rachetés par des plus gros. Les nouvelles acquisitions étant le principal levier de croissance pour certains, voire la compensation d’une activité qui dans les établissements matures peut atteindre ses limites.

En 2012, le secteur commercial ne représentait que 21% du total des lits EHPAD en France mais sa part ne cesse d’augmenter.

Concentration du secteur faisant, des groupes qui en 2011 figuraient parmi les 15 premiers ne faisait plus partie des 25 premiers en 2012. Exemple : le groupe Repotel (15ème en 2011).

Ici : l’état du marché tel qu’il était en 2012

Depuis ce classement, le top 5 notamment à changer suite à la fusion absorption de Korian et Medica. Aujourd’hui, Korian-Medica est le 1er groupe en France (et même en Europe) devant les groupes Orpéa, DomusVi, Colisée Patrimoine (récemment acquis par Eurazeo PME) et le Noble Age.

Classement Exploitant Nombre de lits Nombre d’établissements en France
1 ORPEA 16659 198
2 GROUPE DVD (DOLCEA DOMUS VI) 14387 185
3 KORIAN 11099 127
4 MEDICA FRANCE 10838 136
5 LE NOBLE AGE 2714 30
6 EMERA 2694 31
7 COLISEE PATRIMOINE GROUP (Jardns de Cybèle) 2670 34
8 GROUPE Imbert IGH 2665 38
9 DOMIDEP 1962 31
10 GROUPE SGMR 1760 26
11 RESEAU OMERIS 1380 19
12 RESIDALYA 1355 19
13 DIDIER GERMAIN 1272 20
14 GROUPE MAISONS DE FAMILLE 1208 14
15 DOLCEA CREATION GDP VENDOME 1188 13
16 GROUPE SIGMA 751 15
17 PHILOGERIS RESIDENCES 578 8
18 GROUPE OMEGA 576 10
19 PAVONIS SANTE 570 9
20 FIDES 569 10
21 JPB GROUPE (marque Enity) 544 10
22 HERMES SANTE 500 6
23 PROBONO 415 4
24 GROUPE GB 394 5
25 GROUPE STEVA 373 4
26 AUVENCE 333 7
27 GROUPE A PLUS SANTE 271 6
28 HOM’AGE 250 5
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CNP ASSURANCES a investi 25 M€ dans DomusVI

La grande partie de monopoly sur le plateau français de la dépendance continue.

Dans un communiqué publié jeudi 23 octobre CNP ASSURANCES annonce avoir investi 25 millions dans DomusVI.

Ceci intervient peu de temps après un changement de propriétaire chez DomusVi, puisque le groupe qui est n°3 en France sur le secteur de la dépendance a été racheté en juin 2014 par le fonds d’investissement PAI Partners, et alors que le secteur est en pleine mutation, depuis la fusion entre Korian et Medica en mars 2014.

Selon Jean-François Vitoux, président du directoire de DomusVi, il y aurait aujourd’hui en France 550.000 lits en maisons de retraite (entendre 550 000 résidents potentiels). Avec plus de 15.000 lits, DomusVi se place 3ème derrière Korian-Medica et Orpea, qui pèsent aujourd’hui près de 45 % dans le marché des maisons de retraite tenus par les capitaux privés.

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L’âge d’or gris du marché de la dépendance

Un journaliste sur Lemonde.fr publiait en début de mois un article très instructif intitulé « L’âge d’or du marché de la dépendance ».

 Il y évoque en préambule de son article le forum « Paris pour l’emploi » où des gestionnaires privés de maisons de retraite et des sociétés de services à la personne se partagent un stand. Plusieurs milliers d’offres d’emploi y sont proposées par ses entreprises, mais sans que cela ne crée l’affluence du côté des chômeurs comme du côté des chalands.

Parce que, sauf pour les entrepreneurs, le marché de la dépendance avec ces mines d’or gris ne fait pas vraiment rêver les soignants.

Le métier le plus rependu en maison de retraite et dont on peut dire qu’il est à la base du soin sinon du service est celui d’Aide Soignant (AS dans le jargon des EHPAD). Une jeune AS diplômée d’Etat travaillant à plein temps, touche dans un EHPAD privé lucratif, un salaire d’entrée conventionnel de 1549,56€ Brut mensuel (soit 1163€ Net). C’est 100€ de plus que le SMIC pour un métier avec des tâches et des responsabilités nombreuses, un métier reconnu plus pénible qu’en hôpital et avec un taux d’accident de travail et d’invalidité beaucoup plus élevés, sans compter les risques psychosociaux. L’importance des turn-over en témoigne. Pour celles qui ne sont pas diplômés mais qui effectuent le même travail, elles touchent souvent le SMIC.
D’autres métiers tels qu’infirmiers, psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes sont de plus en plus imposés aux exploitants. Mais l’exercice du soin par ces personnels se heurtent souvent en institution à des difficultés, voire des cas de conscience, dés lors que la qualité de prise en charge interfère avec des logiques de rendement, management, chiffres et profits, si bien qu’auprès d’une population pas toujours facile, l’exigence commerciale peut bousculer certains principes éthiques de soignants et de thérapeutes.

Mais comme l’indique l’article cité plus haut, le secteur de la dépendance ainsi que celui de l’aide à domicile sont en plein boom et la « silver économie » est même un des axes majeurs du projet de loi soutenu par Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat chargée de la famille, des personnes âgées et de l’autonomie. Car ce secteur ne connait pas la crise et, malgré le coût de la dépendance pour la société, les profits y augmentent sans cesse.

Le premier groupe européen de maisons de retraite, est français, Korian-Medica avec 40 000 salariés sur prés de 600 établissements et qui espère atteindre 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014. Le deuxième, Orpea (1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires prévu en 2014) est français également.

 Le journaliste s’interroge sur les conditions d’émergence de tels groupes alors que dans leur propre pays, la gestion d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) est très largement réservée au secteur public et aux associations:

« Comment ce marché a-t-il pu prospérer, alors qu’aucun gouvernements n’a su apporter de réponse au problème du financement de la dépendance ? »

« C’est le paradoxe français de l’or gris » où « de véritables stratégies industrielles et financières sont à l’œuvre. »

Pour aller plus loin, lire le point de vu économique du journaliste Jean-Baptiste Jacquin sur le marché de la dépendance

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Victoire après 8 jours de gréve à la Polyclinique des Chênes, Aire sur l’Adour (Landes)

La gréve est finie et les salarié-e-s déterminé-e-s ont obtenu satisfaction.

Soutenu par SUD Santé Sociaux et la CGT le personnel de la polyclinique des Chênes à Aire sur l’Adour (l’un des 4 établissements du groupe Clinicé), a obtenu notamment un 13iéme mois et 2 % d’augmentation sur les salaires.

Après s’être réuni en assemblée générale, il avait été décidé de reconduire et durcir le mouvement de grève entamé depuis lundi 22 septembre 2014.

Dans cette clinique des Landes qui comprend notamment un service de chirurgie, un service de médecine, un service de surveillance continue, une antenne obstétricale, un service d’urgence avec une antenne SMUR et un service de soins de suite et de réadaptation (SSR), les négociations avec la Direction etaient au point mort.

Grève reconductible

à la Polyclinique des Chênes Aire sur l’Adour

Salaires, Qualifications et Conditions de travail devaient être revus et corrigés

A l’appel des syndicats SUD Santé-Sociaux et CGT, les salariés de la Polyclinique des Chênes à Aire sur l’Adour s’étaient donc rassemblés, pour faire entendre leur mécontentement grandissant.

Les salariés mettaient en avant leurs conditions de travail dûes :

Au manque de moyens humains qui entraîne, fatigue, épuisement,

Le personnel demandait qu’aucun poste prévu comme existant ne soit laissé vide, qu’aucune charge de travail supplémentaire ne soit répercutée sur d’autres ainsi que l’arrêt des glissements de tâches,

Une reconsidération de la charge de travail notamment pour les ASH,

Le respect des plannings,

Des formations qualifiantes,

Il demandait des salaires décents qui etaient à ce jour, les plus bas de la région géographique, avec des disparités importantes pour les mêmes diplômes.

L’emploi Kleenex comme variable d’ajustement et salaires de misère

Un malaise ramifié qui pris sous tous les angles amène une fragilisation des salariés et à une problématique économique pour l’entreprise.

 Dans cet établissement, depuis plusieurs mois le malaise grandissait et la coupe était pleine.

Face aux conditions de travail insupportables,
Aux glissements de tâches imposées,
A la flexibilité galopante,
Au manque chronique d’effectifs,
A des salaires les plus bas de la région géographique avec des disparités importantes pour les mêmes diplômes, et des choix managériaux d’une direction complètement autiste (rien ne rentre….et rien n’en sort…. !).

 Le personnel a tiré la sonnette d’alarme, déterminé à amplifier le mouvement si rien ne bougeait.

Le personnel qui ne manque pas de détermination de présence militante a donc obtenu satisfaction et nous félicitons leur victoire collective!

Pour prendre contact avec eux ou les felliciter. contact :

http://www.sudsantesociaux.org/spip.php?page=region&region=Landes

Les chênes

Actu sociale, Economie Santé Privé Lucratif, EHPAD du groupe

5 Ehpad du groupe Korian revendus à un fonds d’investissement de BNP Paribas

Une édition 2014 du Monopoly pourrait peut-être remplacer les hôtels par des Ehpad..?

Cofinimmo, société immobilière belge spécialisée dans l’immobilier de location de santé, a annoncé mardi 23 septembre la vente de 5 Ehpad français au fonds d’investissement Health Property Fund, administré par BNP Paribas REIM. Ces structures sont louées au groupe Korian qui les exploite.
Les établissements en question sont situés en Midi-Pyrénées, Île-de-France, Centre, Basse-Normandie et Languedoc-Roussillon.
Il s’agit des Ehpad : Les Blés d’or, de Castelnau-de-Levis (Tarn) ; Le Bois Clément, de La Ferté-Gaucher (Seine-et-Marne) ; Chamtou, de Chambray-lès-Tours (Indre-et-Loire) ; La Goélette, de Equeurdreville (Manche) ; Lo Solelh, de Béziers (Hérault) qui représentent ensemble 18.983m2.

Pendant la période de détention de ces actifs, Cofinimmo a réalisé un taux annuel de rendement interne (IRR, ou TRI) moyen de 7,20%.

Ces acquisitions, intervenues en 2008 et 2009, ont été revendues pour un total de 41,1 millions d’euros (environ 2 165€ le m2).

Avec l’acquisition de Senior Living Group et la fusion-absorption de Medica – « deux acteurs déjà clients locataires de Cofinimmo », la part du groupe Korian « a fortement progressé » pour atteindre 17,3% des loyers totaux de Cofinimo. La vente des 5 Ehpad ramène ce taux à 16,2%.

Actu sociale, BTHE, Conditions de travail, Economie Santé Privé Lucratif

Prud’hommes : Korian pourrait être poursuivi pour travail clandestin en cas de suite au pénal

Un dossier a été porté cet été au tribunal des Prud’hommes concernant des salariés de l’Ehpad Résidence du Moulin de l’Isle de Trélissac en Dordogne. L’affaire peut illustrer des problématiques qui nous semblent récurrentes dans bien des EHPAD, cela touche aux questions de recrutement, de remplacement, de non qualification de soignants et d’irrégularité de contrat de travail. Tout ça nous l’avons plusieurs fois aborder sur ce blog ou lors de gréves. Après la 1er audience, lundi 1er septembre et dans des articles d’Hospimédia et du journal en ligne Sud Ouest, on découvre que pour le groupe Korian certaines pratiques seraient non seulement connues mais courantes dans le secteur privé lucratif, et même « tolérées » par les tutelles. Cela rejoint les statuts très courants de salariés non diplômés « faisant fonction de » (AS, IDE, etc.) et très souvent payés moins que s’il étaient diplômés. Bien entendu, nous jugeons l’ensemble de ces pratiques inacceptables parce qu’elles précarisent autant le salarié que la qualité du  soin, voire certaines professions.
Si ce sont les besoins et les difficultés de remplacement qui pour l’entreprise semblent « justifier » de telles pratiques il convient selon nous de repenser l’attractivité des postes à pourvoir ou remplacer (rémunérations, conditions de travail, etc.) plutôt de jeter la pierre à des CDD trop stricts dans le droit français (sic).
Par ailleurs, SUD n’a pas manqué de rappeler depuis plus d’un an qu’il existe dans le code du travail et la convention collective une mesure sensée encourager les prises de congés payés hors période de pointe pour éviter d’avoir à gérer trop d’absences en même temps : cela s’appelle le congés fractionné et « récompense » d’1, 2 ou 3 jours de congés supplémentaires le salarié qui accepte de prendre ses congés sur une période moins prisée.
La possibilité existe donc, elle est facile à appliquer, sauf que dans la pratique des entreprises ne conçoivent pas d’octroyer plus de CP et ne recours au fractionnement du congés que dans le cas où le salariés renoncerait à son droit de jours supplémentaire… Ah, profitabilité quand tu nous tiens…Combien de salariés ou de clients auront pu constater par eux mêmes cet été en EHPAD ce qu’il en coûte à la qualité du service et aux conditions de travail lorsqu’il y a plus de vacataires que de titulaires sur le terrain ? Sans compter les absences non remplacées…d’après Hospimedia et Sud Ouest (« une affaire d’abus de CDD à l’Ehpad du Moulin de l’Isle ») :
4 anciens salariés de l’Ehpad de Trélissac sollicitent le conseil des Prud’Hommes de Perigueux avec pour certains 41 CDD sur un an. Une situation qui pour Korian, est propre au secteur d’activité et à ses difficultés de recrutement.

D’après Sud Ouest, les remplacés mentionnés sur les CDD sont bien souvent des personnes inscrites comme étant bien présentes sur le planning ces jours-là et les contrats sont visiblement libellés avec beaucoup de légèreté. Encore plus fort et toujours selon Sud Ouest ces employés devaient se déplacer chaque jour jusqu’à Trélissac pour savoir s’ils travaillaient ou pas et les contrats mentionnaient une clause d’exclusivité, c’est-à-dire qu’ils ne pouvaient travailler nulle part ailleurs entre leurs contrats pour compléter leurs revenus, ce qui est interdit et particulièrement abusif.

Porteur du dossier aux Prud’Hommes, Philippe Bonneau, a exposé lors de l’audience des pratiques « monstreuses » opérées au sein de l’Ehpad Résidence du Moulin de l’Isle de Trélissac (Dordogne), affilié au groupe Korian. Il s’agit de successions de CDD très courts, signés après prise de poste, d’absences de visite médicale, d’absences tenues de travail non fournies, ou encore des affiliations à des postes pour lesquels les employés ne sont pas qualifiés… Philippe Bonneau, s’inquiétant des répercussions sanitaires et éthiques de telles conditions de travail sur les résidents.

Ces employés dit-il « ne sont pas qualifiés pour faire les remplacements qu’ils faisaient. Ils n’avaient pas les diplômes d’État que requièrent les fonctions d’infirmière, d’aide soignant ou encore d’auxiliaire de vie sociale », Pour le syndicaliste celà caractérise un risque de maltraitance pour certains « actes typiquement infirmiers » effectués par du personnel non-qualifié.

Jusque-là limitée au civil, la procédure pourrait selon le syndicaliste,aller au pénal pour cause de délit grave. « Les quatre employés, au moins sur la période 2013, n’ont pas été déclarés, nous avons pu le vérifier, assure-t-il. S’il s’avère qu’ils ne sont pas inscrits au registre du personnel, Korian pourrait être poursuivi pour travail clandestin« , prévient Philippe Bonneau.

Une requalification des CDD en CDI est demandée avec ouverture des droits associés, ainsi que 12 à 15 000 € en cumul et 5 500€ de dommages et intérêts par personne.

Pour Korian qui a été contacté par Hospimedia, il y aurait des pratiques « tolérées »

S’il ne réfute pas le recours en grand nombre à des CDD, ni l’emploi de personnel non diplômé, certaines accusations sont « totalement fausses pour Adnan Boulard, repsonsable des relations sociales et juridiques de korian selon qui « Les employés sont tous déclarés et ont signé leur contrat dans la journée« . Quant aux embauches en questions, elles sont réalisées dans le cadre de remplacement d’absences.
Les reproches de faire appel à du personnel non diplômé, Adnan Boulard ne le comprend pas. « Les professionnels au sein du vivier de vacataires que nous avons constitué ne sont certes pas tous diplômés [pour les postes assignés], mais cela se pratique dans beaucoup d’établissements, parce que le secteur a de grandes difficultés à recruter. Cela fait d’ailleurs l’objet de tolérance de la part des tutelles. » […]  « le secteur fait l’objet de recours aux Prud’Hommes accrus, du fait de son activité cyclique, mais également du fait de la réglementation très stricte des CDD en France« .

Les syndicalistes affirment et on le devine facilement, quand les quatre employés sont venus les voir, au printemps, ils étaient au bord de la dépression. D’où la nécessité de vraiment revoir certaines pratiques inacceptables qui existent dans le secteur.

Le verdict du conseil sera rendu le 10 novembre.

Economie Santé Privé Lucratif

EURAZEO PME acquiert le groupe COLISEE, 4ème acteur français du secteur des EHPAD

Le groupe Colisée (57 établissements, 4 000 résidents, 2 500 collaborateurs, 152M€ + 38 d’activité immobilière) change d’actionnaire. C’est l’ex DG du groupe Medica qui prendra la présidence du groupe.

Annoncé dans un communiqué de presse de Colisée Patrimoine la société d’investissement Eurazeo PME, filiale d’Eurazeo spécialisée dans les entreprises de taille moyenne, annonce l’acquisition du groupe Colisée, 4ème acteur français du secteur des maisons de retraite (après Korian-Medica, Orpéa et Domus-Vi), sur la base d’une valeur d’entreprise de près de 175 M€.

Eurazeo PME investira 70 M€ et deviendra actionnaire majoritaire de Colisée à hauteur de 64% du capital aux côtés de Patrick Teycheney son fondateur qui réinvestit dans la nouvelle structure, et de Christine Jeandel, directrice générale du groupe Medica jusqu’en mars dernier, qui prendra à cette occasion la présidence du groupe.

Le closing de cette opération est prévu fin septembre 2014 et reste notamment soumis à l’obtention de l’autorisation des autorités de la concurrence compétentes.

Economie Santé Privé Lucratif, Politique groupe

Korian : 2 nouvelles opérations de rachat pour un chiffre d’affaires additionnel de 60 millions d’euros

au moins 2 raisons supplémentaires pour exiger plus de moyens humains, de meilleurs salaires et de meilleurs conditions de travail pour le personnel… Sans ça, qu’est ce qu’une telle croissance de l’entreprise peut apporter à ses employés et au service ?

 D’aprés HOSPIMEDIA :

Avec 45,5% de chiffre d’affaires (CA) supplémentaire au 1er trimestre 2014 par rapport à 2013, Korian – Medica réalise un score « en très forte hausse« , précise le groupe dans un communiqué du 16 juillet. Fort de l’intégration de Medica, le groupe réitère donc son objectif pro forma de 2,5 milliards d’euros (Md€) au terme de l’exercice 2014, « étape intermédiaire vers les 3Md€ visés en 2017« .

Si le parc français reste le premier champ de l’activité de groupe (58,6% du CA, chiffres non audités), sa part a tendance à diminuer (-0,6 point en un an) au profit de l’international. À l’instar d’Orpéa, qui communiquait le même jour ses résultats semestriels, la croissance hors Hexagone est à lire sous le prisme de nouvelles acquisitions. Racheté par Medica en octobre 2013, le belge Senior living group (SLG – lire ci contre) pèse déjà pour près de 51 millions d’euros (M€).

Au regard des chiffres pro forma pour 2014, la France présente tout de même la plus forte hausse du chiffre d’affaires (+4,5%), soit 60% du chiffre d’affaires total, estimé à 1,23 Md€. L’Allemagne progresse pour sa part de 2,5%, suivie de la Belgique et de l’Italie avec respectivement 2,8 et 2,1%.

Plaçant 2014 sous le sceau de l' »intégration et de la consolidation des organisations [du groupe]« , Yann Coléou, directeur général de Korian – Medica annonce également le rachat de la totalité du capital de Kinetika Sardegna pour effet au 30 juin. Déjà actionnaire de la société Dardenesaise à hauteur de 28%, le groupe estime « un potentiel de chiffre d’affaires additionnel de l’ordre de 50M€« . À cette opération, se rajoute également la reprise du Centre hospitalier des Courses de Maison Laffitte pour 10M€ de CA annuel potentiel.

Actu sociale, Economie Santé Privé Lucratif

Santé Privée : Mobilisations des 25 et 26 juin – La resistance des salariés de cliniques et d’EHPAD

Le 25 juin 2014, à l’invite de la CGT Santé privée qui avait appelé à des rassemblements régionaux devant les sièges, plus de 200 salariés, délégués syndicaux et représentants des cliniques et hôpitaux privés, ainsi que des maisons de retraites privées (EHPAD), se sont rassemblés devant la Maison de l’Hospitalisation Privée, à Castelnau-le-lez pour faire entendre le mécontentement grandissant faisant suite aux attaques des conventions collectives (FHP et Synerpa).

Mob Santé Privée, 25 juin 2014 à Castelnau-le-Lez - Maison de l'Hospitalisation privée

Le collectif déterminé a bien fait comprendre que le rapport de force ne faisait que commencer.

Aussi, la mobilisation nationale était une réussite : plus d’un millier de salarié-e-s rassemblé-e-s, 3 500 pétitions remises à la Fédération de l’Hospitalisation Privée

Un avertissement fort qui sera sans doute précurseur d’autres mouvements sociaux avec l’entrée en résistance des salariés des cliniques et des EHPAD.

26juin mob santé privé

Salaires, qualifications et conditions de travail, doivent être revus et corrigés. Il ne s’agit pas de « dénoncer » la convention collective de l’hospitalisation privée mais de l’améliorer.

Comme la CGT nous demandons au patronat de mettre en œuvre une réelle politique qui valorise et rémunère le travail à sa juste valeur et nous exigeons que soit menée une lutte concrète contre l’opacité des grands groupes lucratifs.

Economie Santé Privé Lucratif

Des groupes français d’EHPAD veulent chiner de gros profits ailleurs

et se tournent vers la Chine. C’est le cas des n°2 et 3 du marché (Orpéa et DomusVi dont le fond d’investissement PAI Partner vient récement de prendre le contrôle).
Là-bas le personnel flexible coûte très peu, le droit du travail est… indescriptible, et le client est nombreux.

Pour Korian-Medica (n°1) et Le Noble âge (n°4) la sagesse ou la prudence invitent à moins d’enthousiasme. Les 2 acteurs de la dépendance n’envisagent donc pas pour l’heure de grande muraille française des EHPAD.

 

Les groupes français de maisons de retraite s’exportent vers la Chine

 

La Chine, nouvel eldorado pour les spécialistes français des maisons de retraite? Des entreprises comme Colisée, Orpea et DomusVi tentent de s’implanter sur ce marché au potentiel gigantesque, mais doivent s’armer de patience et d’humilité vu le fossé culturel à combler.


L’expansion en Chine est une solution logique pour des groupes qui peuvent se sentir à l’étroit en France, explique Pascal Brunelet, directeur général délégué du groupe Colisée, qui participait au 14e congrès du syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées (Synerpa), organisé à Antibes jeudi et vendredi.

« Compte tenu de la réglementation dans le monde des établissements d’hébergement de personnes âgées dépendantes (Ehpad), il faut soit aller chercher des relais de croissance sur d’autres marchés en France, en développant de nouveaux services, soit se tourner vers l’international », dit-il.

Malgré sa petite taille (3.000 lits pour 54 établissements en France), Colisée s’est lancé dans l’aventure chinoise il y a 8 ans, en créant la filiale China Colisée Beijing, basée à Pékin. L’objectif: créer 50 maisons de retraite médicalisées dans l’Empire du Milieu d’ici 5 ans.

Mais en Chine, « patience et humilité sont les maître-mots », prévient M. Brunelet. En juin, le groupe bordelais « va déposer les statuts d’une joint-venture avec un partenaire chinois et un permis de construire devrait être accordé en septembre, pour l’ouverture du premier établissement de 200 lits à Canton à la fin 2015 », précise-t-il.

A l’instar de Colisée, Orpea a signé fin mars « un protocole avec la société d’aménagement publique de la ville de Nanjing et l’hôpital Gulou en Chine, pour le développement d’une maison de retraite médicalisée de 180 lits ».

Parallèlement, DomusVi (numéro trois du secteur en France) a signé un accord de partenariat avec Hanfor, un fonds d’investissement chinois, créant la société Duomei, afin de gérer en Chine 100 maisons de retraite et 20 agences d’aide à domicile d’ici cinq ans.

Orpea pourrait cependant disposer du premier établissement opérationnel en Chine, avec une ouverture prévue « au premier semestre 2015 », selon Jean-Claude Brdenk, directeur général délégué du groupe, numéro 2 du secteur.

A horizon 2025, la Chine comptera 400 millions d’habitants de plus de 60 ans, contre 180 millions en 2010, dans un contexte d’urbanisation croissante. Et après deux générations successives d’enfants uniques, la charge des parents et grands-parents peut vite devenir ingérable, malgré la forte piété filiale ancrée dans la culture locale.

– Changement stratégique profond –

« La Chine est confrontée à un problème de vieillissement de sa population qui n’a pas été anticipé. Ils se sont tournés vers la France, qui a une bonne réputation en matière de prise en charge des personnes âgées et où la logique de partenariat public-privé fonctionne », affirme Jean-François Vitoux, président de DomusVi.

Mais « on ne transpose pas ce qu’on sait faire à l’identique, on répond à un besoin d’accompagnement de la grande dépendance, que les chinois découvre et face à laquelle ils sont démunis », souligne le dirigeant de Colisée.

La Chine compte 3 millions de lits dans les établissements d’hébergement de personnes âgées dépendantes (Ehpad), un chiffre à multiplier par trois, à 9 millions, selon les objectifs du 12e plan quinquennal (2011-2015).

Pour Pascal Brunelet, « C’est le moment d’aller en Chine, où le marché est colossal ». Il concède que « c’est un risque financier énorme mais si les groupes ont les reins solides, le risque reste minimum au regard des besoins », estime-t-il.

Yann Coléou, directeur général de Korian-Medica, leader du secteur, se dit lui « prudent ». « Je ne dis pas que je n’irai pas mais ce n’est pas d’actualité. Ce ne sont pas les mêmes codes, c’est un changement stratégique profond et je connais la pénibilité pour monter un euro de bénéfice », dit-il.

Même son de cloche pour Jean-Paul Siret, président du Noble Age (4e du secteur). « Si on n’a pas la taille suffisante avec les ressources humaines et financières pour faire une véritable implantation, on n’a aucune chance de réussite en Chine », affirme-t-il.

« Il y a de la place pour l’ensemble des groupes mais il faut éviter d’arriver dispersés et faire face à la demande de façon cohérente », rappelle Christophe Troyaux, responsable du pôle soutien aux filières industrielles au ministère des Affaires étrangères et du Développement international.

source AFP

 

Actu sociale, Conditions de travail, Economie Santé Privé Lucratif

Petite annonce à votre Santé

Annonce : Appel à témoins

Ci dessous un formulaire pour nous aider à vous aider

1) Vous travaillez, avez travaillé ou êtes clients dans un établissement de santé privée ( maison de retraite / EHPAD, clinique, hôpital) ?

2) Vous avez connaissance de situations ou de pratiques anormales ?

3) Vous voulez nous aider à faire changer les choses, à améliorer les conditions de travail et les conditions de prise en charge des usagers ?

4) Adressez nous vos témoignages : les situations ou pratiques rencontrées, et ce qui d’après vous empêche de les corrigez.

Que les problèmes signalés concernent le droit du travail, l’organisation du travail, la fraude, la maltraitance, la pression, ou etc. il existe une solution pour chaque problème. A SUD Santé Sociaux et à Solidaires, nous croyons à des solutions collectives initiées au plus prés de ceux qui subissent les problèmes plutôt que de recourir à des interventions extérieures, potentiellement opportunistes, qui méconnaissent les problématiques locales et leurs contextes.

Vous êtes les artisans, nous sommes votre outil : alors affutez nous !

Nous tenons à remercier tous les salariés, (ainsi que certains clients) quel que soit les entreprises, qui en nous adressant leurs points de vues, analyses, témoignages et documents nous ont permis d’affiner notre cartographie des conditions de travail / séjour / prise en charge dans différents établissements et on beaucoup contribué à nous renforcer.

Actu sociale, BTHE, Conditions de travail, Economie Santé Privé Lucratif

Effectifs en EHPAD : C’est quoi le problème ?

Le nombre de postes est-t-il suffisant (notamment dans le soin)? Qu’en est-il de leur financement et est il bien utilisé?

Qui finance ? Qui contrôle ? Et pourquoi ça râle tant parmi les personnels bon sang de bonsoir ?

Le model EHPAD ?

En théorie, il est bien adapté aux besoins : Il permet l’hébergement et le soin, le maintien du lien social, de la dignité et de la liberté, de nos aînés dans le respect de leurs souhaits et de leurs différences.

En pratique c’est plus compliqué…
Engouffrés dans le vaste Eldorado de la santé privée lucrative, des entreprises s’y régalent en profitant de larges subventions publiques favorisant des profits colossaux réalisés sur le dos des aînés et des personnels de santé, avec l’argent du contribuable.

Ces profits, que nous appelons « or gris », suscitent tous les intérêts (excusez le jeu de mot facile) de grandes entreprises spécialisées dans l’exploitation de la dépendance.

Des actionnaires ont donc fait leur apparitions au fil du temps et leurs entreprises ne cessent de gagner des parts de marché.
La soif de dividendes poussent à toujours plus de pressions sur les leviers de profitabilité (effectifs, masses salariales, équipements, coût de fonctionnement ou suppléments de service/facturation).

Concrètement :

Une très bonne prise en charge nécessite un nombre conséquent de personnel qualifiés.
Une prise en charge minimale ou de qualité déguisée peut se contenter d’effectifs bien moindres.

En claire, une mauvaise prise en charge coûte généralement moins qu’une bonne. Cela s’explique par le fait que :

– Des salariés non formés/diplômés peuvent légalement être rémunérés moins chers que les diplômés.
Soit pour les temps plein les moins chanceux, à peine 1130€ net mensuel. Bon nombre d’AS ou d’ASH gagnent guère plus. Serveurs de restaurants et hôtesses d’accueil sont les métiers ayant les salaires conventionnel les plus bas au regard des qualifications exigées..

Il ne faut donc pas s’étonner de trouver autant de personnels non diplômés faisant fonction d’Aide Soignant à moindre coût. Certains employeurs osent même parfois escamoter la rémunération en dessous d’un minimum légal conventionnel déjà bien bas.

Les initiatives patronales en faveur des formations, se font souvent par les chemins les plus laborieux, les plus longs et les moins coûteux (les moins diplômants) ce qui repoussent d’autant plus la revalorisation de salaire.

– Des créations de postes entraîneraient des salaires supplémentaires. Ça coule de source. Les salariés et les représentant du personnel qui se plaignent des charges de travail trop lourdes et du manque de personnel, s’entendent donc dire que malheureusement il n’y a pas plus de budget mais que le nombre de personnel est respectueux du minimum obligatoire.

Mais la logique marchande va bien plus loin. Certaines entreprises réalisent des économies supplémentaires en ne remplaçant pas certaines absences ou congés. Elle peuvent aussi, repousser ou gelées des embauches de créations de postes (alors même que des subventions publiques les financent)… C’est autant de temps durant lesquels des subventions publique prévues pour financer du personnel peuvent être détournée de leur fonction au détriment du service et des conditions de travail.

En théorie, les subventions publiques qui n’ont pas été employées doivent être rendues aux ARS et Conseils généraux, afin qu’une entreprise ne puisse justement détourner une aide publique de sa fonction. Mais cela ne vaut que si l’entreprise respecte la transparence envers le financeur public qui ne peut réclamer un trop perçu que s’il en a connaissance.

Lorsque bas salaires et mauvaises conditions de travail rivalisent en terme d’attractivité, mais que des managers et directions ne trouvent meilleurs réponse que dans des dissimulation ou la méthode Coué, les mécontentements, lassitudes, et autres risques psychosociaux s’amplifient à tout niveaux (personnel et usagers).

Alors que faire ?

Plutôt que de maudire ou de vouloir écarter qui oserait parler de tout ça, comme de la cause principale de bien des dysfonctionnements en plus de la mise en danger du personnel, les cadres dirigeants et les directions d’établissements concernés seraient bien inspirés de prendre le temps d’une réflexion éthique sur l’exigence sociétale comparée à la politique d’entreprise à laquelle ils adhérent et d’analyser toute les conséquences de tout cela.

Le gouvernement vient de relancer son projet de loi pour « l’adaptation de la société au vieillissement de la population ». Un projet qui doit repenser les systèmes d’aide, d’accueil et de prise en charge de nos aînés, dont le nombre ne cesse d’augmenter.

De l’autonomie à la dépendance puis à la fin de vie, c’est toute la société qui a besoin d’être adaptée.

En terme de services marchands, cela concerne et concernera tous les organismes et entreprises spécialisés dans l’aide à domicile ou l’hébergement (médicalisé ou non) de personnes âgées.
Beaucoup d’entreprises et d’investisseurs santé suivent donc tout ça de très près, à l’affut des moindres appels d’offres qui pourraient leur apporter de nouvelles subventions pour booster encore leurs sacro-saints profits.

Le gouvernement se montrera sans doute aussi spectaculaire que ses prédécesseur dans sa passivité à « moraliser le capitalisme ».

Mais heureusement la Solidarité Unitaire et Démocratique de SUD n’est pas avar de ses efforts.

Merci aux nombreux témoignages et aux renseignements précieux que certains lecteurs nous adressent. L’information, la connaissance, et le partage étant au cœur de l’efficacité syndicale, nous rappelons que vous pouvez utilisez le formulaire contact dans la partie droite de ce blog pour nous adresser témoignages ou questions. Pour nous communiquer des documents numériques, le meilleur moyen de le faire c’est par e-mail en cliquant sur ce lien. (un gain de temps pour nous comme pour vous).

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Clinique de l’Union et Marquisat, Groupe Ramsay Santé – mobilisation et projet de cession de la Générale à Ramsay Santé

Par la cession de la Générale Santé à Ramsay Santé, Predica actionnaire majoritaire de Korian-Medica deviendrait ainsi actionnaire du leader des cliniques privé et 1er concurrent de Korian-Medica sur ce secteur.

Pendant qu’en France la santé prend l’eau, l’eau va à la rivière… Comme dit le proverbe.

Voir l’article publier sur le fruit des Amandiers par la CGT :
http://www.le-fruit-des-amandiers.com/clinique-de-l-union-et-marquisat-groupe-ramsay-sante

Suite aux échanges avec notre DS CGT de la Clinique de l’Union du groupe RAMSAY, il apparait
que la mobilisation bat son comble ; en effet, environ 85% des salariés sont mobilisé ce matin dans une ambiance champêtre et sous le soleil. Les services des urgences, de la réanimation et l’ensemble des blocs sont fermés tandis que les secteurs d’hospitalisation sont touché à hauteur de 50% des effectifs en moins. Tous les services sont dans la mobilisation : personnels techniques,
services administratifs, logistiques et soignants.
Les interventions sont donc annulées et les patients évacués en partie. Les médias sont sur le pont. La
direction ne souhaite toujours pas ouvrir le dialogue avec les organisations syndicales CFDT et CGT. Pour info, la direction générale du groupe devait
organiser une petite sauterie demain avec la tête du groupe (les australiens) afin de fêter les un an
d’achat de ces cliniques toulousaines, cela pourrait peut être reporté ……………… . .
Les membres du collectif CGT Ramsay communiquent l’existence et la nature de ce conflit à l’ensemble des établissements/entreprises ou la
CGT est implantée afin de faire prendre conscience aux salariés que les difficultés vécues aux cliniques
de l’Union et Marquisat rejoignent pleinement leur problématique.

UN PEU D’INFOS ………………
Générale de Santé : les actionnaires négocient une cession à Ramsay Santé l’action Générale de Santé bondit de 5,5% à l’ouverture de la Bourse de Paris, à 16,36 euros,
après une offre de rachat à 16,75 euros par action. Le groupe australien Ramsay Health Care,
qui avait déjà fait l’actualité sur le dossier en rachetant Medipsy, propose cette fois de racheter la totalité du périmètre, avec l’appui de Crédit Agricole Assurances. Ramsay a ainsi formulé une offre à Santé SA et Santé Développement, qui détiennent ensemble 83,43% du capital du réseau de cliniques. Les deux actionnaires ont accepté d’entrer en négociations exclusives jusqu’au 6 juin prochain. L’offre serait portée par Ramsay Santé,
une entreprise commune à l’australien et au Crédit Agricole Assurances.
Si les négociations aboutissent, la suite des opérations sera soumise aux modalités habituelles, dont une offre aux minoritaires dans les mêmes conditions. Le niveau de détention sera équivalent à celui qui prévaut sans Ramsay Santé : Ramsay détiendra 57% des actifs et Crédit Agricole Assurances 43%. Le coût pour l’entreprise australienne est ainsi évalué à 539 millions d’euros.
L’offre valorise, selon nos calculs, 100% de Générale de Santé à 945 millions d’euros, et offre une prime de 8% sur le cours de 15,50 euros de
vendredi 9 mai au soir. Ramsay rappelle dans son communiqué être à la tête de 151 établissements
en Australie, Royaume-Uni, France et Asie, pour 1,3 million de patients traités chaque année.
Générale de Santé affiche pour sa part 75 implantations et 1 million de patients annuels.

MAIS DEPUIS
…………………………………………………………………..
Les dirigeants des sociétés SCA Attia Villard Fribourg et Rainbow Santé, actionnaires minoritaires (A hauteur de 11,09%) de la société
Générale de Santé (GDS), annoncent dans uncommuniqué le 2 juin qu’ils souhaitent être « en mesure d’examiner la possibilité de déposer une offre dans les meilleurs délais à l’ensemble des actionnaires de la société GDS a un prix unitaire
supérieur à celui offert par RAMSAY HEALTH CARE, Crédit Agricole et Ramsay Santé. A cette
fin, ils vont adresser, dans les jours qui viennent, une lettre d’intention a Santé SA et Santé
Développement Europe SAS dans laquelle elles solliciteront la mise à leur disposition de toute l’information communiquée a Ramsay Heath Care, Crédit Agricole et Ramsay Santé.

AFFAIRE A SUIVRE

Actu sociale, Economie Santé Privé Lucratif

Ehpad et maisons de retraites : mieux comprendre les mécanismes de création et developpement

Régis par appel à projet, post subventions publiques.

Une procédure compliquée: Pour les organismes qui financent c’est motivé par une évolution qualitative de l’offre de services. Pour les exploitants du privé c’est aussi une course aux subventions consistant à remplir tous les critères (toutes les cases), des appels à projets.

D’un point de vue syndical et militant nous déplorons que l’octroi des subventions, comme pour celles des renouvellements de conventions tripartites, n’engagent pas d’avantage l’exploitant qui les reçoit sur la durée de l’utilisation et notamment par des contreparties plus concrètes en faveur de l’emploi (effectifs, formations).
Le manque de garanties durables est dû en partie aux faibles moyens de contrôle des organismes compétents si bien que des conditions d’octroi réunies au moment de l’appel ne sont plus forcément actuelles au fur et à mesure des financements espacés sur les années.

Procédure de financement et d’autorisation par appel à projet :

Le décret réformant la procédure d’autorisation administrative pour la création, la transformation ou l’extension des établissements et services sociaux et médico-sociaux a été publié le 26 juillet 2010 (décret n°2010-870). La nouvelle procédure d’autorisation par appel à projet entre donc en vigueur à partir du 1er août 2010.
Créé par la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (loi n°2009-879 du 21 juillet 2009), le nouveau dispositif inverse le processus d’autorisation. Désormais, les projets de création, transformation ou extension s’inscriront en réponse à des appels à projets lancés, seuls ou conjointement, par les financeurs (préfets de région, directeurs généraux des agences régionales de santé, présidents de conseils généraux) sur la base de diagnostics et états de besoins réalisés au sein de chacun des territoires.

Cette nouvelle procédure permettra de répondre plus rapidement et plus efficacement aux besoins et attentes des usagers en soutenant l’innovation et l’expérimentation.

Une réforme pour qui ?

Sont concernés par la réforme, quelque 35 000 établissements et services bénéficiant de financements publics et qui sont soumis à l’obligation d’obtenir une autorisation administrative pour exercer leur activité. Par exemple :

dans le secteur social :

  • les établissements et services intervenant pour l’aide sociale à l’enfance ;

  • les établissements et services accompagnant les personnes en difficulté sociale, tels que les centres d’hébergement et de réinsertion sociale, centres d’hébergement d’urgence, etc. ;

  • les établissements et services mettant en œuvre des mesures de protection des majeurs ;

  • des établissements et services mettant en œuvre des mesures ordonnées par l’autorité judiciaire.

dans le secteur médico-social :

  • les établissements et services accueillant des enfants handicapés, tels que les services d’éducation spécialisée et de soins à domicile (SESSAD), les centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP), les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP), les établissements spécialisés (instituts médico-éducatifs, instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques) ;

  • les établissements et services accompagnant les adultes handicapés tels que les foyers de vie, les foyers d’accueil médicalisés, les maisons d’accueil spécialisé, les établissements et services d’aide par le travail, les foyers d’hébergement, les services d’accompagnement à la vie sociale (SAVS), les services d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) ;

  • les établissements et services accompagnant les personnes âgées, tels que les services d’aide à domicile, les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), les accueils de jours, les hébergements temporaires, les centres locaux d’information et de coordination (CLIC) ;

  • les établissements et services spécialisés dans le traitement des addictions : les centres d‘accueil et d‘accompagnement à la réduction de risques pour usagers de drogues (CAARUD), les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).

Une réforme pour quoi ? Objectifs et bénéfices attendus

Répondre plus rapidement aux besoins et attentes des usagers
La généralisation de l’appel à projet a pour objectif une meilleure efficience pour mieux répondre aux besoins des publics concernés.
La nouvelle procédure d’autorisation vise à réduire les délais de mise en œuvre des projets d’établissements et services, en supprimant notamment la mise en attente d’autorisation de projets ne disposant pas de financements. Cette attente pouvait durer trois ans, allongeant d’autant les délais de réalisation et la demande devait être renouvelée si l’autorisation n’était pas donnée dans ce délai. Les promoteurs de projets déposeront désormais leur dossier en réponse aux choix stratégiques des décideurs, correspondant aux besoins identifiés des populations dans les territoires et aux financements disponibles.

Rendre publiques les priorités des décideurs
Les appels à projets apportent de la visibilité aux promoteurs de projets sur les publics et les territoires prioritaires, ainsi que sur le type d’accompagnement, les financements mobilisables et les délais de réalisation attendus.
Le contenu des cahiers des charges ainsi que le déroulé de la procédure et les critères de sélection des projets font l’objet d’une publicité la plus large possible, dans un souci de transparence et d’égalité de traitement envers les promoteurs de projets.

Permettre l’innovation et l’expérimentation
La loi prévoit que les appels à projets puissent être l’expression de modes innovants ou expérimentaux d’accompagnement social ou médico-social et des vecteurs d’adaptation et de transformation de l’offre. Encourager l’innovation et l’expérimentation permet ainsi de répondre aux évolutions des besoins des personnes.
Pour la mise en œuvre des projets expérimentaux ou innovants, la loi prévoit un cahier des charges allégé.

Une réforme avec qui ? Et comment ?

Comment les orientations, les besoins et les priorités sont-ils définis ?
Les besoins et les priorités retracés dans les schémas et programmes sont définis par les autorités publiques préalablement à la procédure d’appel à projet. Ils font l’objet d’une étroite concertation qui s’exprime au sein des différentes instances de concertation que la loi du 21 juillet 2009 a renforcées ou créées et notamment : la conférence régionale de santé et de l’autonomie et ses commissions spécialisées, actuellement en cours d’installation en région, les conférences de territoires et les commissions de coordination des financeurs, en particulier sa composante médico-sociale.
Il appartient ensuite au directeur général de l’agence régionale de santé d’arrêter le projet régional de santé (PRS) et les différents schémas, dont le schéma médico-social, au président du conseil général d’élaborer les schémas départementaux relatifs aux personnes handicapées ou en perte d’autonomie, et aux préfets d’adopter les schémas relatifs aux établissements sociaux comme les plans départementaux d’accueil, d’hébergement et d’insertion (PDAHI) à destination des personnes en difficulté.
C’est dans le cadre de ces orientations et définitions préalables des besoins avec l’ensemble des acteurs que la procédure d’appel à projet s’engage. _
En quoi consiste la procédure d’appel à projet ?
Précédemment, pour obtenir une autorisation de création d’un établissement ou d’un service, les organismes gestionnaires d’établissements et de services sociaux et médico-sociaux déposaient auprès de l’autorité compétente une demande présentant leur analyse des besoins du public concerné et la description du service assuré. La décision d’autorisation, de non autorisation, ou d’inscription sur une liste d’attente était alors rendue après consultation du comité régional de l’organisation sociale et médico-sociale (CROSMS).
La loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, a supprimé le CROSMS et organisé différemment le régime de l’autorisation : les préfets, les présidents de conseil général, les directeurs généraux d’ARS engagent une procédure d’appel à projet pour sélectionner les projets à partir d’un cahier des charges et lorsqu’ils disposent des moyens nécessaires et des orientations définies dans les schémas et différents programmes dont le PRIAC pour le médico-social. L’arrêté d’autorisation est pris après classement des projets par la commission de sélection d’appel à projet.
Le secteur représentant les gestionnaires publics et privés des établissements et services a été étroitement associé à l’élaboration des dispositions réglementaires, conformément aux engagements pris par les ministres au moment des travaux parlementaires.
Le décret porte la marque de cette concertation approfondie.

Une réforme qui s’inscrit dans le temps : plan d’accompagnement de sa mise en œuvre

Pour accompagner son déploiement progressif et assurer son inscription dans le temps, l’État et la CNSA ont prévu un plan d‘action qui s’adresse en priorité aux décideurs. Il doit notamment leur permettre d’améliorer la connaissance qu’ils ont des besoins de leur territoire et doit les encourager à coordonner davantage les programmations y compris financières.
Ce plan d’action repose également sur la communication, l’information et la formation des décideurs, de leurs équipes, ainsi que des porteurs de projet.
Un plan de communication global a été élaboré. Le kit de communication composé de la brochure La nouvelle procédure d’autorisation des établissements et services sociaux et médico-sociaux par appel à projet, d’un diaporama et du Guide méthodologique pour la mise en œuvre de la procédure généralisée d’appel à projet et l’élaboration du cahier des charges est téléchargeable ci-dessous et sur le site du ministère du travail, de la solidarité et de la fonction publique.
La plaquette de présentation est également diffusée au format papier, aux ARS, préfectures, conseils généraux, fédérations d’établissements et associations d’usagers (4 000 exemplaires).

La formation
Par ailleurs, des sessions interrégionales de formation sur le nouveau dispositif d’autorisation ont rassemblé en juillet 2011 près de 600 représentants des services de l’État, des départements et des ARS.
La nouvelle réglementation sera intégrée aux contenus des formations initiales et continues dispensées notamment par l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).

Retour sur le projet pilote qui a permis d’identifier les principes de la réforme

Pour préparer la généralisation du nouveau régime d’autorisation des établissements et services sociaux et médico-sociaux par appel à projet, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie a été chargée, dès mars 2009, par la Direction générale de la cohésion sociale de la conduite d’un projet pilote mené dans trois régions qui avaient éprouvé l’appel à projet dans plusieurs départements et sur différents objectifs : le Centre, la Bourgogne et les Pays de la Loire.

Chaque équipe pilote régionale regroupant direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS), direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS), conseil général et caisse régionale d’assurance maladie a travaillé sur des champs thématiques précis. Ainsi, les Pays de la Loire se sont concentrés sur le secteur des personnes handicapées, la Bourgogne sur celui des personnes âgées et le Centre a examiné des projets sur les secteurs personnes âgées et personnes handicapées.

Ces retours d’expériences ont ensuite permis à l’équipe nationale composée de représentants de la CNSA, de la DGCS, de la CNAMTS, d’un conseil général et de DRASS de capitaliser l’information pour préparer les textes d’application, réfléchir aux procédures, élaborer un projet de cahier des charges et à terme le guide méthodologique qui sera remis aux décideurs et mis en partage.

La procédure d’appel à projet en pratique

Les étapes de la procédure d’un appel à projet
Cas d’un appel à projet relevant d’une seule autorité

  1. 1. L’appel à projet est lancé par l’autorité compétente selon un calendrier qu’elle définit.

  2. 2. L’appel à projet fait l’objet d’une publication qui doit garantir une procédure sincère, loyale et équitable.

  3. 3. Les opérateurs ont un délai de réponse qui peut aller de 60 à 90 jours.

  4. 4. Une commission de sélection des projets placée auprès de chaque décideur classe les projets. Elle a un rôle consultatif.

  5. 5. L’autorité compétente délivre l’autorisation.

Cas d’un appel à projet relevant de compétences conjointes
Les établissements et services qui relèvent d’une autorisation conjointe ARS/conseil général :
sur le champ du handicap : CAMSP, SAMSAH, FAM.
sur le champ de la perte d’autonomie : EHPAD, établissements d’hébergement temporaire et accueils de jour.

  1. 1. L’appel à projet est lancé

    conjointement par les deux autorités,

    selon un calendrier défini par eux.

  2. 2. L’appel à projet fait l’objet d’une publication par chacune des autorités qui doit garantir une procédure sincère, loyale et équitable.

  3. 3. Les opérateurs ont un délai de réponse qui peut aller de 60 à 90 jours.

  4. 4. Les dossiers sont instruits par les deux autorités.

  5. 5. Une commission conjointe classe les projets.

  6. 6. L’autorisation est délivrée conjointement par les deux autorités.

Le cahier des charges
Il est établi, selon le cas, par la ou les autorités conjointement compétentes pour délivrer l’autorisation. Il rappelle et précise les besoins à satisfaire et le cadrage des projets, dont les modalités de financement.
La commission de sélection des appels à projets
Elle comprend de 14 à 22 membres. Elle donne autant de poids aux usagers qu’aux autorités publiques qui disposeront l’un et l’autre de 4 ou 6 représentants lors des délibérations. Les autres membres de la commission auront voix consultative. Il s’agira des personnes gestionnaires d’établissements, des personnes qualifiées, des représentants d’usagers spécialement concernés et des personnels techniques.
Les critères de sélection des projets
Les critères de sélection et les modalités de notation ou d’évaluation des projets qui seront appliqués doivent être mentionnés dans l’avis d’appel à projet (décret d’application sur la procédure d’autorisation par appel à projet) et dans le cahier des charges.
L’utilisation de critères et leur communication dans le cahier des charges permettent d’alerter l’ensemble des promoteurs de façon transparente et équitable sur les éléments jugés comme essentiels dans leur réponse et d’évaluer les différents dossiers de manière homogène et équitable.
On distingue trois niveaux de critères :

  • Le critère de complétude du dossier : il conditionne la recevabilité du dossier proposé par le promoteur et déclenche son processus d’instruction.

  • Les critères de conformité et d’éligibilité du projet soumis : ils ne rentrent pas en considération dans la notation et le classement du dossier, mais ils en conditionnent simplement l’éligibilité. S’ils ne sont par remplis, la proposition est automatiquement disqualifiée, s’ils sont remplis, la proposition peut être évaluée.

  • Les critères d’évaluation du projet soumis : ils sont pondérés et constituent la base de la notation et de la classification des projets soumis à la commission de sélection des appels à projets notamment sur les points suivants : qualité du projet, aspects financiers du projet, expérience du promoteur, capacité à faire.

Didacticiel en vidéos
Une journée régionale sur la mise en place des appels à projets sociaux et médico-sociaux s’est tenue à Paris le 8 juillet 2010, organisée par la Direction générale de la cohésion sociale, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, le Centre national de la fonction publique territoriale et l’École des hautes études en santé publique. Elle s’était donnée pour objectifs de présenter le nouveau dispositif d’appel à projets et aider à maîtriser ses nouvelles dispositions réglementaires, d’intégrer toutes les échéances et mesurer les enjeux associés à ce dispositif et de comprendre les mis à disposition pour tous les acteurs concernés par cette réforme.
En voici la restitution, sur le site de l’École des hautes études en santé publique, en modules vidéo :
  Finalités et enjeux de la loi HPST
  La commission de sélection
  La procédure
  La nouvelle planification
  Relation promoteurs-décideurs
  La phase transitoire
  Éclairages régionaux : retour d’expérience de la Sarthe
  Éclairages régionaux : retour d’expérience du Loir et Cher
  Éclairages régionaux complément
  Le plan d’action

28 décembre 2010 : Circulaire de la Direction générale de la cohésion sociale
Une circulaire de la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) précise le cadre de la procédure des appels à projets, préalable à l’autorisation de la plupart des établissements et services sociaux et médico-sociaux. Elle est proposée en téléchargement ci-dessous.

14 novembre 2011 : Suivi de la mise en œuvre de la nouvelle procédure d’autorisation par appel à projet : présentation Direction générale de la Cohésion sociale/CNSA
Le suivi de la mise en œuvre de la nouvelle procédure d’autorisation par appels à projets a été présenté, conformément à l’engagement de la directrice générale de la Cohésion sociale (DGCS), en section sociale du Comité national de l’organisation sanitaire et sociale (CNOSS) du 25 octobre dernier ; ils avaient également été partagés avec les membres du Conseil de la CNSA participant à la commission « Établissements » le 19 octobre 2011.
L’objectif de ce suivi est de mesurer la mise en œuvre et l’appropriation de la nouvelle procédure d’autorisation par appels à projets des établissements et services sociaux et médico-sociaux définie par la loi Hôpital, Patients Santé Territoires n°2009-879 du 21 juillet 2009 (article L313-1-1 du code de l’action sociale et des familles). Instaurée par le décret publié le 26 juillet 2010, la procédure est réellement entrée en vigueur avec la circulaire du 28 décembre 2010.
Il ressort de ce premier constat que la mise en œuvre du dispositif est progressive selon les autorités concernées. Elle a majoritairement été mise en place par les agences régionale de santé (ARS) : sur 54 appels à projets identifiés fin septembre 2011, 70 % relèvent de la compétence exclusive des ARS et 30 % de la compétence conjointe ARS – conseils généraux.
Près de la moitié des appels à projets concernent le champ des personnes âgées (44%) avec une majorité de services (77%). Le secteur des adultes handicapés représente 32% et celui des enfants 10%.
L’appropriation de la procédure est globalement satisfaisante. Elle soulève principalement des questions d’organisation.

27 février 2013 : Suivi de la mise en œuvre de la nouvelle procédure d’autorisation par appel à projet : présentation Direction générale de la Cohésion sociale/CNSA
Un nouveau bilan d’étape présenté au CNOSS le 27 février 2013 fait apparaitre que 6 514 places ont été autorisées à l’issue de la nouvelle procédure d’autorisation par appel à projets et que 116 appels à projets ont été lancés en 2011 et 2012.
Dans le secteur médico-social, les agences régionales de santé (ARS) ont lancé 67 appels à projets en 2012, contre 49 en 2011. Cette montée en puissance progressive a permis d’autoriser 6 514 nouvelles places ces deux dernières années. Si les deux tiers concernent le secteur des personnes âgées, le secteur du handicap a aussi fait l’objet de beaucoup d’attention. On dénombre ainsi autant de projets « handicap » en 2012 que de projets « grand âge » pour les deux années confondues. En 2012, le nombre d’appels à projets dans le secteur du handicap a même doublé par rapport à 2011 (39 contre 20).
Ce nouveau bilan témoigne d’une programmation centrée vers le développement des services : les SSIAD et les plateformes pour les personnes âgées, les SAMSAH pour les adultes handicapés et les SESSAD pour l’accompagnement en milieu ordinaire des enfants handicapés.
Il confirme également plusieurs tendances observées fin 2011 : la majorité des appels à projets concernent la création de structures juridiques médico-sociales « classiques » ; les appels à projets portent peu sur l’adaptation et la transformation de l’offre ; les appels à projets font de la place à des projets innovants, de manière significative.

Pour plus d’infos, voire sur le site du ministère des Affaires Sociales et de la Santé La procédure d’appel à projet et d’autorisation des ESMS

 

Actu sociale, BTHE, Conditions de travail, Economie Santé Privé Lucratif

Ce qui dirige les directions et qui confine le salarié d’EHPAD

Dans le secteur du privé lucratif, et plus particulièrement dans les groupes cotés en bourse, le métier de directeur, directrice d’EHPAD a fait les frais ces dernières années de pressions de plus en plus importantes.En cause, des objectifs de chiffre et de résultats toujours plus haut, des responsabilités nombreuses devant s’adapter à des risques de contentieux accrus, des marges de manœuvre limités par des politiques groupes exigeantes.

Ne disposant souvent pas de moyens financiers ou humains supplémentaires pour atteindre les résultats fixés (lesquels sont parfois même revu à la baisse), ne pouvant agrandir leur établissement, ni percevoir beaucoup plus d’un même résident, le champ d’action des directions est selon nous de plus en plus axé sur la ressource humaine (les salariés).

Les salariés sont à la fois les producteurs de services, donc de la richesse de l’entreprise, mais en étant aussi les principaux responsables de l’écart entre chiffre d’affaire et bénéfice, ils constituent de grosses variables d’ajustement des profits.

  D’une manière où d’une autre, les pressions groupes pouvant peser sur une direction retomberont sur toute la chaine hiérarchique de ses salariés et porteront conséquence aux conditions de travail, au climat social. Il s’agit d’un cercle d’autant plus vicieux que les problèmes rencontrés entrainent souvent selon nous des surenchères de partes et d’autres.

Sur le terrain social, syndicats, représentants du personnel, et salariés font souvent face à des directions hermétiques parce que liées à des directives groupes pouvant être extrêmement prégnantes voire même intrusives. Il n’est pas rare que des dépenses, des embauches, des actions disciplinaires, etc. soient décidées au dessus de la direction. Vues sous cet angle c’est l’ensemble du principe de négociation ou de concertation qui est rendu caduque.

Paradoxalement, les directions restent pourtant responsables de toutes les conséquences des actions appliquées sur leurs établissements dans la mesure où en théorie un employeur reste le seul maître à bord. En effet, beaucoup l’oublient souvent mais hormis les budgets alloués, les directions peuvent décider!

Pour nous, les problèmes qui peuvent être rencontrés touchent à la fois des responsabilités groupes souvent mal ou pas assumées, des directions boostées par un besoin de reconnaissance via la réponse aux attentes hiérarchiques, et un appétit des groupes déraisonnabilisé par les logiques boursières.

Sur ce dernier point, tout gouvernement soucieux de l’Humain devrait peut être s’y pencher mieux que par « un pacte de responsabilité » passoire.

 

Economie Santé Privé Lucratif

L’action Korian-Medica est en tête des hausses de l’indice SBF 120 mercredi matin à la Bourse de Paris

Une formidable nouvelle sans doute pour tous les salariés et usagers qui peuvent espérer désormais voir les retombées de la « superperformance » sur leurs salaires, leurs conditions de travail ou de séjour. Et dire qu’on y croyait plus… Vivement un communiqué annonciateur !

CQFD : Si le salarié ou l’usager était actionnaire de lui même, il pourrait ainsi rêver à augmenter sa propre valeur de 28% sur son propre dos ! Mais à servir d’autres profits, est ce que cela profite autant ?

PARIS, 7 mai (Reuters) – L’action Korian-Medica est en tête des hausses de l’indice SBF 120 mercredi matin à la Bourse de Paris, Exane BNP Paribas ayant relevé sa recommandation de « neutre » à « surperformance » avec un objectif de cours porté de 21 à 33 euros.

Selon l’intermédiaire, le marché sous-estime les synergies potentielles de la récente fusion entre Korian et Medica, qui devient un leader européen des maisons de retraite.

Dans une note, Exane estime que les synergies en termes de chiffre d’affaires et de coûts pourraient augmenter l’Ebit combiné de 26 millions d’euros dans les trois ou quatre prochaines années – qui s’ajouteraient à l’impact positif de 15 millions d’euros déjà annoncés.

Le broker revoit en hausse ses estimations d’Ebit, de 60% pour 2014 et de 86% pour 2015. En revanche, il abaisse ses estimations de bénéfice par action de 28% pour cette année et de 19% pour 2015 afin de tenir compte de la rémunération des actionnaires de Medica prévue par l’accord de fusion.

A 11h00, Korian-Medica bondit de 6,05% à 28,74 euros tandis que le SBF 120 recule de 0,17%.

 

Economie Santé Privé Lucratif

Fusion de Médi-Partenaires et Médipôle Sud Santé : Naissance du n°2 des groupes de cliniques privées

L’ébullition de la santé privée n’en finit pas. Moins de bulles mais de plus en plus grosses.

D’après Hospimedia, Médipôle Sud Santé et Médi-Partenaires ont confirmé le 28 avril une rumeur qui évoquait le rapprochement de ces deux acteurs de de la santé privée qui exploitent des cliniques. Les deux groupes fusionnent donc pour créer le deuxième groupe d’hospitalisation privée en France derrière la Générale de Santé, et détrônant au passage le groupe Vitalia.

Par ce rapprochement, le tout nouveau groupe cumulerait en 2013 un chiffre d’affaires de 830 millions d’euros.

De ce rapprochement, il faut surtout y voir les retraits de LBO France et d’Equistone, qui étaient actionnaires de Médi-Partenaires et qui revendent leurs parts. 100% du capital de Médi-Partenaires est ainsi racheté par un consortium composé de l’équipe de management, de Bridgepoint et ses « co-investisseurs », sous la houlette de Maurice Hermann. Bridgepoint avait jusqu’à présent des participations dans Médipôle et Maurice Hermann, qui devient le nouveau directeur général du groupe, est le fondateur et dirigeant de Médipôle Sud Santé.

Ce nouveau groupe représentera désormais 6 300 lits, 8 500 salariés, 60 établissements de santé, qui collaborent avec 2 600 médecins libéraux.

BTHE, Conditions de travail, Economie Santé Privé Lucratif

Dialogue social ? Ou l’alternative syndicale face aux dérives patronales

Qu’est ce que le Dialogue dans le monde du travail ? Qu’est ce que le Social dans le monde du travail ?
Et pourquoi faut il des Syndicats et des Représentants du personnel – Indépendants – dans les entreprises ?

Parce que la base du service, donc la base du profit, c’est le salarié. Parce que les quêtes de profits effrénés, comme les spéculations qui y sont parfois liées, mettent le Salarié et la qualité de Service en danger.
Parce qu’un bon service client nécessite du personnel en nombre suffisant et des organisations de travail respectueuses, équitables et bien traitantes. Parce que tous ça, en plus du Droit, le syndicat et les IRP sont les garants.

À SUD et Solidaires nous n’adhérons pas aux procédés se faisant régulièrement appeler « dialogue social » dans le monde du travail. C’est pourquoi nous prenons des pincettes en employant une notion très galvaudée.

Pour nous il devrait avant tout s’agir d’un échange sincère et équitable permettant d’ajuster le travail et ses conditions, suivant la prise en compte plurielle d’Usagers et de Salariés (leur travail, les contextes, leurs points de vue, etc.) afin d’en dégager des améliorations ou des solutions.

Dans la pratique malheureusement, les employeurs se contentent trop souvent d’assener par ce biais leurs explications pour justifier un état de fait ou une politique d’entreprise, et en prétendant au final que les décisions sont le fruits de « concertations ».

Le Dialogue, l’Ecoute, et le Social, sont pourtant les seuls remparts à une généralisation des risques psychosociaux, dés lors qu’une entreprise ou ses représentants  ne savent d’eux mêmes se montrer raisonnables face à leurs quêtes de profits.

Dans les établissements de santé, le travail de plus en plus souvent ne se résume plus que par des listes de tâches et de protocoles à n’en plus finir. L’humain, que ce soit côté salarié ou usager, a de plus en plus de mal à trouver sa place dans ce qui s’assimile à nos yeux à du travail à la chaine dispensé sur des personnes.

Les prises en charge, se voient ainsi rationalisées, suivant des critères trop quantifiés ou minutés et ou l’humanisation sous entendue en théorie et dans des arguments commerciaux ne sait plus trouver le temps de s’exprimer dans les pratiques quotidiennes.

En EHPAD ça donne souvent : 1 temps imparti pour 1 toilette, un nombre de douches hebdomadaire régulé, idem pour le nombre de protections quotidienne, à tel heure le soignant doit être ici pour tel tâche, à telle heure là bas pour telle autre tâche, etc.
L’ensemble de cette organisation, pensée de manière « optimale » (pour ne pas dire profitable) exclue, pour « bien fonctionner », que le soignant ai pu prendre du retard dans 1 toilette ou dans une des ses autres tâches et que cela puisse avoir des conséquences sur toute la chaine du travail quotidien.

Au milieu de l’application quotidienne de ses listes de tâches pourtant, le salarié est régulièrement confronté à des tas « d’imprévus » ordinaires. Ex: Une caca-strophe « imprévue » survenue entre deux horaires de changes… Face à un tel cas cas d’école, très courant, que faire ?

Suivre bêtement à la lettre les tâches assignées et donc les horaires de change, et qu’importe la personne souillée, ou les odeurs ?
Non, car cela reviendrait à être maltraitant pour un résident que l’on laisserait dans ses selles jusqu’à la prochaine heure de change.

Prodiguer le soin nécessaire au moment où le besoin survient ?
Oui, mais dans ce cas on se met en retard ( voire en faute ) vis à vis de la suite de notre chaine de travail.

Dans la pratique et selon les soignants, les deux réponses existent :

– dans le premier cas, cela est difficilement entendable pour les usagers, ce qui se comprend, et crée une source de tensions dans la mesure où il est difficile d’admettre que l’établissement ne réponde pas à un droit de l’usager aussi légitime.
– dans le deuxième cas, cela revient à consommer plus de protection que la dotation prévue et qui plus est rationnée (des soignants responsabilisés sur le matériel peuvent se voir reprocher un écoulement des stock plus rapide que prévu). Cela revient aussi à se mettre en retard dans le reste de la chaine du travail. Certain(e)s dans ce cas ne pourront pas prendre leur pause, avec le cercle d’épuisement bien connu qui s’en suit, tant sur le plan physique que psychique du fait du manque de considération hiérarchique quant à ces aspects de l’organisation.

Nous n’avons pris qu’un seul exemple mais la journée est jonchée d’aléas ordinaires. Les imprévus de toutes sortes, sont aussi multiples que quotidiens, et on remarque pourtant que les politiques d’entreprises n’en tire pas les conséquences qu’il faudrait pour autant ni n’en assument les conséquences, dans la mesure où les logiques de profitabilité ignorent ces imprévus dans les organisations du travail telles qu’appliquées dans bien des cas. Des logiques qui excluent bien souvent le recours aux créations de postes supplémentaires pour palier aux besoins.

En résumé, sinon l’augmentation subtiles des charges de travail, il n’existe pas de place dans la chaine de tâches des soignant(e)s, ni dans celles des non soignants d’ailleurs, pour répondre aux multitudes d’imprévus auxquels doit pourtant répondre le premier salarié venu : soins « hors planning », urgences, canalisation d’un résident désorienté, demandes d’accompagnements en dehors de certains temps prédéfinis, sollicitations de résidents, de familles, de libéraux ou de l’encadrement, etc.

La multiplication des charges de travail « imprévues » favorisent automatiquement des dysfonctionnements dans l’organisation des tâches prévues.

Parallèlement pourtant, l’attitude commerciale vis à vis du client, tendra souvent à vanter une disponibilité exemplaire, sinon sur mesure. On s’abstiendra alors d’expliquer à l’usager, dans le cas de tel ou tel imprévu, le pourquoi d’une attention ou d’un soin manquant. On ne dira pas que ça ne fait pas partie des tâches prévues, ni qu’il faut attendre l’horaire planifiée, encore moins qu’il faudrait plus de personnel. Mais en se disant compréhensif du problème de l’usager sans pour autant en régler les vraies causes, on en déchargera tacitement la responsabilité sur des salariés invités à agir dans l’urgence, et qui aux yeux de l’usager peuvent facilement être perçu comme attentistes.

On ne perçoit souvent pas les conséquences sur l’organisation travail chaque fois qu’un salarié répond à telle ou telle demande qui n’est pas dans sa feuille de route déjà très bien remplie.

Il faut savoir que les aides soignant(e)s au niveau national ont le taux le plus élevé, parmi tous les professionnels de la santé, de à l’insatisfaction des conditions de travail.

En maisons de retraite ou EHPAD, près de 30 % des AS signalent des troubles de santé mentale (dépression, anxiété, insomnie, burn-out).

Dans bien des EHPAD, le personnel soignant effectue 12h de présence quotidienne, les soignants passent le plus long de leur journée de travail debout, beaucoup touchent moins de 1200 euros à la fin du mois, très peu sont épargnés dans l’année par un arrêt travail des suites de leur travail, ni par les douleurs musculaires, sans parler d’autres troubles physiques ou psychiques. Enfin, une infirmière sur quatre et une aide-soignante sur trois part à la retraite avec un taux d’invalidité.

Tout cela n’est pas pris en compte dans la marche des entreprises qui regardent davantage leurs marges. Mais c’est pourtant bien connu des acteurs syndicaux qui refusent que des entreprises les confinent à un rôle de simple spectateur quand les autorités ne savent que faire germer des pactes placebos.

Tant que des décideurs ne seront plus responsables, pas plus raisonnables, pas plus respectueux du Droit, et que l’État continuera à le cautionner soit en fermant les yeux soit via des pactes ou des lois trop indulgentes pour les capitalistes, alors nous n’auront de cesse d’adapter nous aussi nos moyens de défense et d’action.
Les risques d’une « domestication » de syndicats, d’IRP, ou d’une neutralisation de leurs capacités d’agir par le patronat ou par l’État ne sauraient que mener qu’à plus de radicalisation.

 

 

Economie Santé Privé Lucratif

Le groupe Orpea va grossir avec 21 EHPAD supplémentaires

Plus rentable qu’un compte en Suisse, et légal, cet investissement du groupe Orpea résulte du rachat de Senevita, l’un des principaux acteurs helvétiques des maisons de retraite et résidences services pour Seniors et dont la qualité de sa prise en charge a été plusieurs fois récompensée.

ORPEA accède ainsi en Suisse à 13 établissements supplémentaires plus 8 établissements qui doivent ouvrir dans les 3 ans:

  • 13 établissements déjà ouverts de 1 182 lits  et d’un chiffre d’affaires de 83 millions de CHF ;

  • 8 établissements en construction qui doivent ouvrir dans les 3 prochaines années, avec un total de 1 111 lits .

Une acquisition très stratégique pour Orpea dans le cadre de son développement à l’international dans un pays qui a une bonne expertise et un gros potentiel dans la prise en charge de la dépendance (forte demande et forte solvabilité). Le groupe se dote ainsi d’une réserve de croissance avec un chiffre d’affaires qui devrait, pour ces nouvelles acquisitions, friser les 160 millions de CHF en 2016.

Senevita étant une filiale du groupe SeneCura, implanté en Autriche et en République Tchèque, on peut se demander si Orpea ne lorgnerait pas déjà plus loin que ses acquisitions suisses.

Depuis l’annonce de la fusion Korian Medica, le secteur est particulièrement agité : des cessions comme celle de Medipsy par la Générale Santé pour 150 millions d’euros, ou des acquisitions comme Senevita par Orpea ou Nurse Alliance par DomusVi ; des mouvements d’actionnariats ; ou encore ce qui constitue pour nous le point le plus positif à cette sévère concurrence, les quêtes d’innovation avec par exemple l’institut du Bien Viellir Korian.

Les accélérations du secteurs, les enjeux économiques et les ambitions qu’elles poursuivent demeurent malheureusement pour nous dans l’ensemble une épine ou un boulet au pied de l’amélioration des conditions de travail et/ou de séjour. En effet, nul part sur le terrain nous n’avons vu d’effets positifs proportionnels aux 40 à 75% de croissance de valeur enregistrées en un an par les différents titres boursiers des grands groupes. Mais nous avons souvent vu la pression du résultat en amont ou en avale des grands projets.

 

 

 

Economie Santé Privé Lucratif

Pénurie de l’offre en Maison de retraite, vraiment ? – Article de l’UFC Que Choisir

L’UFC Que Choisir commente une étude de février dernier réalisée par Cap Retraite sur l’état de l’offre et de la demande en maisons de retraite
http://www.quechoisir.org/services-vie-sociale/vie-privee-societe/seniors/actualite-maison-de-retraite-la-penurie-vraiment

Maison de retraite
La pénurie, vraiment ?

Une étude publiée début février conclut à la nécessité de créer plus de 540 000 places en maisons de retraite d’ici 2040 en France. Des projections reprises largement par la presse, mais qui sont à examiner avec recul.
La société qui a réalisé l’étude se nomme Cap Retraite. Elle se présente comme « le premier service français d’aide à la recherche demaisons de retraite » . Parler de « service d’aide à la recherche de clients pour les maisons de retraite privées » serait plus exact. Cap Retraite est en effet rémunérée par les établissements vers lesquels elle oriente les particuliers qui contactent son centre d’appel. Ses téléconseillers prennent en compte des critères simples comme la localisation, le type d’hébergement et la date d’entrée souhaités, mais ils n’étudient pas en détail les offres des maisons de retraite. Ils seraient d’ailleurs bien en peine de le faire depuis Jérusalem, où Cap Retraite les a installés (l’entreprise est connue sous le nom d’Upsider en Israël).
Disponible sur le Web, son étude s’intitule « La France face à la pénurie de maisons de
retraite » . Basées sur les chiffres de l’Insee, elle met en parallèle l’augmentation inéluctable des plus de 80 ans dans les 25 prochaines années et le nombre de places existantes en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Les octogénaires représenteront 10 % des Français en 2040 et nombre d’entre eux perdront leur autonomie. La conclusion est déjà dans les prémisses. Il faut construire, on va manquer de lits, certaines régions étant déjà en situation critique comme Paris, la Haute-Marne ou la Seine-Maritime.

Évident ? Non, pour plusieurs raisons sur lesquelles l’étude passe très vite. D’abord, on ne sait pas très bien comment va évoluer l’espérance de vie sans incapacité. Il n’est peut-être pas inutile de le rappeler, les octogénaires sont majoritairement valides.
Interrogés par l’Insee en 2007, 51 % des Français de 80 à 89 ans ne déclaraient aucune limitation motrice, sensorielle ou intellectuelle (les femmes sont un peu moins solides mais se disent complètement aptes à 45 %). Parmi les « invalides », beaucoup disent entendre moins bien ou avoir du mal dans des activités quotidiennes comme monter l’escalier ou bêcher le jardin, ce qui n’est pas exactement l’antichambre de l’Ehpad. Si cette espérance de vie sans incapacité augmente plus rapidement que l’augmentation de l’espérance de vie tout court, les besoins en Ehpad seront diminués.
Par ailleurs, l’étude se concentre sur le privé, alors qu’il existe aussi des Ehpad et des maisons de retraite publiques. La Seine-Maritime, par exemple, a peut-être un déficit de lits privés, mais elle était au-dessus de la moyenne pour l’offre globale en maison de retraite en 2012 : 156 places pour 1 000 personnes de plus de 75 ans, contre 127 sur l’ensemble de la France métropolitaine, selon l’Insee.

Attention aux investissements en Ehpad

Tout cela ne prêterait guère à conséquence si des officines peu scrupuleuses ne démarchaient pas activement les particuliers depuis des années pour les inciter à investir dans des Ehpad , en leur faisant miroiter les avantages habituels :défiscalisation (en loi Bouvard), simplicité (le vendeur s’occupe de tout) et clientèle garantie. N’a-t-il pas été établi scientifiquement que la France manquait d’Ehpad ?

En réalité, ces Ehpad sont des produits très complexes pour un investisseur néophyte. La revente des parts est extrêmement compliquée. Les établissements trop chers peinent à se remplir, y compris à Paris ou sur la Côte-d’Azur. Les clients ne se précipitent pas systématiquement. Si c’était le cas, d’ailleurs, des établissements payeraient-ils Cap Retraite pour en trouver ? C’est peu probable. Et Cap Retraite peut-il vraiment ignorer tous ces éléments ? C’est tout aussi improbable.

BTHE, Conditions de travail, Economie Santé Privé Lucratif

Salariés Korian, Médica et autres salariés de l’hospitalisation du privé lucratif : notre analyse du secteur

Ce blog permet l’échange et la collaboration entre les salariés de différents établissements ou sociétés. Si vous avez une question, ou une remarque, utilisez le formulaire dans la colonne de droite ou « commentaire » en fin d’article. Et pour trouver le syndicat SUD prés de chez vous, cliquez là

Notre analyse du secteur

Un an après la création de cet espace, voici l’occasion pour nous de faire un premier bilan de situation syndicale et d’accompagner encore mieux les salariés et les lecteurs. Nous répondons au passage à plusieurs questionnements soulevés par des lecteurs.

Ehpad dans le secteur de l’hospitalisation du privé lucratif, état des lieux :

Nous souhaitons livrer d’abord notre analyse de la situation, dans le secteur privée (conditions de travail, de séjour, ressources humaines et instances représentatives du personnels).

Pourquoi les conditions de travail sont plus difficiles dans le privé que dans le public ?

Toutes les conditions n’y sont pas toujours plus difficiles. Mais celles qui les sont trouvent à nos yeux 2 raisons principales :

– Des quêtes de profits qui oublient l’humain en chemin (résident et employé) en essayant de faire faire le plus de travail possible avec le minimum de dépenses possibles (salaires, effectifs).
Un établissement de 10 postes d’aides soignants par exemple préférera demander plus de travail à ses 10 AS ou à d’autres employés plutôt que de créer 1 onzième poste. Or le plus de travail fourni s’assimilera pourtant à des charges de travail supplémentaires et à une qualité moindre pour l’ensemble des tâches réalisées.
Le besoin ou la demande de travail en plus dans le privé est lié à des tarifs plus chers que l’entreprise a tacitement besoin de justifier et qui entraînent logiquement plus d’exigences de service de la part des clients. D’où un cercle vicieux lié à une contradiction entre les moyens et les attentes qui pèsent surtout sur le client et le salarié.
La logique boursière quant à elle exacerbe un peu plus la situation en voyant dans le resserrement des effectifs et des coûts un levier pour la sacro-sainte croissance et donc pour les dividendes qui semblent motiver tout le fonctionnement des appareils décisionnels.

– L’activité et l’efficacité des instances représentatives du personnel y sont généralement beaucoup plus faible que dans le public. Pourquoi ? Parce que les moyens et les efforts que les entreprises privées y opposent peuvent y être considérables.
Plus que dans le public nous retrouvons notamment un « syndicalisme d’accompagnement » de la part de représentants d’organisations les plus représentatives. Les négociations alors ne se résument bien souvent plus qu’à la pose d’une signature syndicale sous les propositions de l’employeur.
On notera aussi la spécificité du syndicalisme d’accompagnement dans le groupe Orpea avec son « syndicat maison » Arc-en-ciel.
En parallèle, des logiques de management ou d’esprit d’entreprise semblant partir de tout en haut, tendent souvent à museler, ou à écarter tout ceux qui sortiraient du rang ou oseraient émettre des critiques. Cela se résume par une formule pouvant se charger de conséquences : « vous êtes avec nous ou contre nous. »
Et quel tableau, dans des cas de harcèlement, de discrimination ou de « division ordinaire »…

Non contenté par un « syndicalisme d’accompagnement » peu nouveau, certaines entreprises ou direction vont plus loin et cherchent d’un côté à domestiquer leurs « accompagnateurs » syndicaux et de l’autre côté à dompter des IRP ou leurs représentants jugés pas assez « alliés ».

Dans le privé, l’action des IRP (quand elles font leur boulots) est souvent consumée dans la restauration des droits des salariés ou des instances elles mêmes et toute dynamique de progrès ou d’amélioration des conditions de travail en est donc ralenti sinon reportée.

Dans l’établissement Korian Champ de Mars que nous connaissons bien au point qu’il pourrait être pour nous un laboratoire d’analyse de la politique sociale du groupe, nous voyons bien avec quelle lenteur s’obtiennent les mises en conformité avec le droit du travail.

Compte tenu des difficultés ou obstacles qu’on les représentants du personnel dans l’exercice régulier de leurs missions, un espace en ligne comme celui-ci nous semble indispensable.
Pour l’ensemble de nos adhérents et sympathisants, nous proposons donc un relais d’information et de moyens pour les salariés qui en manquent sur leurs établissements. Nous recueillons des témoignages ou attestations souvent précieux sur certains dossiers.

Nous tissons des liens rassemblons, fédérons, échangeons et construisons comme une alternative au dialogue social et aux débats publics.
Bref, nous nous proposons comme une modeste solution collective face à l’ampleur des problèmes.
Et vu que les décideurs qui nous lisent sont de plus en plus nombreux nous avons d’autant plus à coeur de souligner les vraies causes des problèmes du secteur.

Pour naviguer et trouver l’info souhaitée, utiliser de préférence le moteur de recherche par mots clefs interne à ce blog sur le panneau latéral droit ou les rubriques des onglets en haut.
Nous préparons de nouveaux outils pédagogiques pour mieux répondre aux demandes diverses qui n’ont pas encore été traitées.

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Par son boycott des stages infirmiers dans les cliniques privées, la FHP a déjà raté son bras de fer.

L’intention et la méthode (que nous trouvons pitoyables) témoignent malgré tout de ce qui caractérise le mieux actuellement les dérives éthiques dont souffre selon nous le secteur français de la santé du fait de la pression qu’y exerce le secteur privé et les profits miroités.

Les établissements concernés par l’hospitalisation privée étant des hôpitaux, des cliniques ou  encore des maisons de retraites (EHPAD), l’humain, le social et le sanitaire devraient passer avant tout le reste.

Or, malheureusement, le secteur privé lucratif ne l’entend pas cette oreille. Acteur privé avant tout quand ça l’arrange pour faire valoir son droit à la libre concurrence voire à fixer lui-même les tarifs, ou d’utilité publique quand il s’agit d’aller piocher dans les subventions de l’état, il veut le beurre et l’argent du beurre en sommes. Il faut reconnaitre aussi que le gouvernement est rarement contrariant sur ces sujets.

Pourtant, et comme nous l’observons depuis des années, plus les activités de la santé ou du social deviennent lucratives plus le service sur le plan national s’y détériore.

Pour résumer ce qui chiffonne la FHP au point d’utiliser des étudiants et leurs diplômes en guise de boucliers, les cliniques privées redoutent une baisse des tarifs (fixés chaque année par le gouvernement) pour compenser le Crédit d’impôt compétitivité (CICE) dont elles bénéficient, contrairement aux hôpitaux.

Avec 820 établissements sur les 1100 que regroupe la fédération de l’hospitalisation privée (FHP), participant au mouvement de boycott ou « de grève » de l’accueil des stagiaires infirmiers, nous voyons bien jusqu’où est capable d’aller la logique du profit :

– Pénaliser la qualité de sa propre activité en empêchant l’aide pourtant précieuse prévue par quelques 10 000 stagiaires infirmiers.

– Compromettre la formation des infirmiers d’aujourd’hui et du même coup la compétence de ceux qui postuleront demain.

La Fédération étudiante y voit « la résultante d’un conflit politique entre la gauche et la droite dont les étudiants infirmiers sont les victimes », pour elle la crise actuelle pourrait se résumer par le fait que la FHP « amie du précédent gouvernement, sacrifie les étudiants ».

Heureusement ce chantage du privé lucratif ne prendra pas.

Marisol Touraine indique que « près de 90% des étudiants ont obtenu un nouveau stage à ce jour »

« La mobilisation générale des agences régionales de santé (ARS) et de l’ensemble des établissements publics et privés à but non lucratif se poursuit dans l’ensemble des régions pour garantir à chaque étudiant en soins infirmiers la continuité et la qualité de leur formation pratique »

La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) maintient son boycott des stages à partit du 1er mars. Mais la Fédération nationale des étudiants infirmiers (FNESI) et Marisol Touraine qui se sont rencontrées jeudi 27 février ont pu évoqué des parades au chantage sans pour autant le rendre excusable.

Vivement une moralisation généralisée du capitalisme dans les services de la santé.

 

Economie Santé Privé Lucratif, Politique groupe

L’Autorité de la concurrence donne son feu vert à la fusion Medica-Korian

Sans grande surprise pour nous, l’Autorité de la concurrence vient donc d’annoncer qu’elle autorisait la fusion des exploitants de maisons de retraite et de cliniques Medica et Korian.

Même si l’Autorité de la concurrence a constaté, à l’issue de l’opération, un chevauchement de l’activité des deux groupes en île de France et dans 35 départements, elle a précisé dans son communiqué que les parts de marché ne dépasseront pas environ 10%, et que donc « l’opération ne portera pas atteinte à la concurrence en matière d’établissements pour l’hébergement des personnes âgées dépendantes ».

La fusion-absorption de Medica par Korian, était annoncée depuis le 18 novembre 2013, avec comme objectif pour les deux groupes de permettre la création du premier acteur français du secteur avec un chiffre d’affaires de 2,2 milliards d’euros. L’opération de fusion-absorption se fera sur la base d’une parité de 10 actions Korian pour 11 actions Medica.

La nouvelle entreprise issue de cette fusion-absorption, plus grande et plus forte, devrait ainsi pouvoir bénéficier d’un « effet épinard » (en référence au personnage de Popeye).

La réalisation définitive de cette fusion reste cependant soumise à l’approbation des actionnaires de Medica et de Korian dont les assemblées générales extraordinaires se tiendront à Paris le 18 mars 2014.

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« Réseau Européen contre la commercialisation et la privatisation de la santé, de l’action sociale et de la protection sociale »

Si vous aussi trouvez que la commercialisation nuit gravement à la santé : téléchargez et diffusez le Manifeste du « Réseau européen contre la privatisation et la commercialisation de la santé et de la protection sociale »

Ci dessous, le communiqué de presse :

Bruxelles le 8 février 2014

Une campagne Européenne pour la défense de la santé et la protection sociale du 7 au 25 mai !

Les 7 et 8 février 2014 a eu lieu à Bruxelles le lancement d’une campagne coordonnée au plan Européen jusqu’au 25 mai, date des élections Européennes.
Ce lancement a consisté à rendre public le 7 février à 9 h 30 un Manifeste européen qui a été remis par des délégations venues de toute l’Europe, auprès du 1er ministre Belge et simultanément auprès de 11 ambassades européennes en leur demandant de le transmettre à leur gouvernements respectifs.
Ces délégations ont ensuite convergé devant le siège de l’Unesco à Bruxelles ou a été déposée une demande de reconnaissance au Patrimoine Mondial de l’ Humanité des systèmes de santé et de protection social publics,
égalitaires, solidaires et accessibles à toutes et tous . L’UNESCO a accusé réception par mail de notre demande !
La manifestation s’est ensuite rendue au siège de la Commission Européenne où une délégation représentative de 8 pays a été reçue et a déposé le manifeste Européen en demandant une réponse à nos analyses et revendications aux commissaires Barnier, Andor et Borg.
Ces initiatives ont été suivies le 7 Février après midi et le samedi 8 par la 6ème Conférence du « Réseau Européen contre la commercialisation et la privatisation de la santé, de l’action sociale et de la protection sociale » regroupant des associations, syndicats, partis et plateformes de lutte.
Elle a permis d’enrichir la compréhension et l’élaboration d’alternatives aux politiques libérales à partir des témoignages et de réflexions menées dans une douzaine de pays européens : Portugal, Grèce, Etat Espagnol, Italie, Grande Bretagne, Pologne, Belgique, France, Allemagne, Pays Bas, Irlande, Slovénie.
Cette 6° Conférence s’est conclue par un appel à l’action des citoyens, associations, syndicats, partis, plateformes unitaires nationales ou régionales de défense de la santé, par une semaine d’action du 2 au 8 avril avec un temps fort le 7 avril date de la Journée Mondiale de la Santé. Les formes en seront décidées dans chaque pays, voire chaque région.
La conférence appelle tout au long de la période du 8 février au 25 mai :
- A assurer une diffusion massive des analyses et revendications du manifeste, et à en débattre avec tous. A cet effet un document court, illustré de témoignages et d’arguments sera publié.
- A s’adresser aux professionnels et personnels de santé, qui subissent durement les conséquences de la commercialisation et de la privatisation de la santé.
- A rendre visible cette campagne internationale à l’occasion de toutes les initiatives unitaires qui se dérouleront notamment le 8 mars (journée internationale des femmes), le 1er mai, mais aussi dans les domaines de l’immigration, de l’extrême droite, des aînés, des jeunes,… Il s’agit d’y inscrire les dégâts causés par la commercialisation de la santé.
- A interpeller les candidats aux élections Européennes à partir du manifeste à travers notamment la tenue de réunions publiques où seront invités les candidats pour répondre au manifeste.
- A s’opposer à la construction du « partenariat transatlantique » qui menace particulièrement la santé, l’action sociale et la protection sociale.
- A élargir le réseau Européen au maximum de pays et au plus grand nombre d’associations, syndicats, partis ,… qui combattent la privatisation par la mobilisation citoyenne.
La victoire de la « Marea Blanca » espagnole, qui a mis en échec la privatisation de 6 hôpitaux de Madrid autour du mot d’ordre « la salud no si vende, se defiende », montre la voie pour toutes les citoyennes et citoyens d’Europe.
Il est possible de gagner face à l’appétit des multinationales de la santé, de la pharmacie, des assurances privées grâce à la mobilisation citoyenne et unitaire.

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Grève de l’accueil des stagiaires infirmiers dans les cliniques de la FHP, honteux : Ils prennent en otage des étudiants pour presser le gouvernement

La FHP (fédération de l’hospitalisation privée) a publié une carte de France de ses 1100 cliniques et hôpitaux privés « rebelles », invitées à « une grève de l' »accueil des stagiaires infirmiers ».

La FHP a déclarée être « entrée en résistance », le 5 février, elle a menacé de différer le recrutement de près de 3 000 personnes et de suspendre l’accueil des stagiaires (plus de 32 000 formations seraient concernées).
Diantre ! Pourquoi être si méchant envers l’embauche et la formation ?
C’est parce que la fédération s’inquiète de la dégressivité tarifaire et de l’absence de récupération du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE). Voilà pourquoi.

Et c’est des larmes plein sa plume, sans doute, que la FHP aura justifié son cri de désespoir aux établissements qu’elle fédère :

«  la Fédération contrainte et forcée d’envisager une telle mesure serait heureuse de ne pas la mettre en oeuvre. Mais l’hospitalisation privée subit trop de brimades et d’iniquité de traitement pour ne pas réagir. Nous sommes les otages du gouvernement au détriment de l’efficacité du système de santé français« .

Pauvre hospitalisation privée, obligée de suspendre 3000 recrutements et de compromettre la réussite de milliers d’élèves infirmiers, des élèves qui souvent d’ordinaire sont pourtant très bien exploités dans leurs cliniques, une hospitalisation forcée d’user d’agressivité sanitaire pour dénoncer la dégressivité tarifaire et la non récupération du CICE.

La FHP ne l’a pas dit mais au vu de la réalité (pitoyable) du sort de l’hospitalisation privée, on imagine que l’étape d’après, si le gouvernement ne cédait pas, ce serait une grève illimitée des chefs d’établissements (trop coûteux) et à terme l’abolition de la privatisation de la santé qui, bien plus que le gouvernement, prend trop souvent en otage le client au détriment de l’efficacité du système de santé français.

D’un autre côté, la FHF (la Fédération des hopitaux de France, secteur public) a dénoncé “un chantage irresponsable” appelant le gouvernement à en tirer les conséquences et ajoutant que “les hôpitaux publics suppléeront si nécessaire, comme ils le font dans d’autres domaines, les carences du secteur privé commercial”:

Bref, un vrai feuilleton en perspective qu’on pourrait appeler Santé : Clash / Debat avec Marisole Tourraine dans le rôle de l’animatrice.

Economie Santé Privé Lucratif, Politique groupe

Assemblées générales des actionnaires Korian et Medica

La fusion absorption de Medica par Korian sera bientôt soumise au vote ultime des actionnaires :

La prochaine Assemblée générale de KORIAN aura donc lieu le 18/03/2014 à 14h00
au Marriott Hotel Champs-Elysées – 70, avenue des Champs Elysées, 75008 Paris

Celle de MEDICA aura lieu le même jour mais plus tôt à 8h45
au Pershing Hall – 49, rue Pierre Charron, 75008 Paris

Comme ça certain-e-s pourront assister aux deux assemblées, sans trop courir entre les deux et sans trop s’ennuyer.
Dommage que les AG n’aient pas lieu dans les établissements, histoire de bien réaliser d’où viennent les dividendes et à quoi ils tiennent. En plus, à une époque où être proche du peuple ça fait bien, les actionnaires auraient même pu manger avec un personnel ravis d’être leurs hôtes, dans leurs réfectoires, et de leur faire découvrir une gastronomie made in EHPAD, et ça, ça n’a pas de prix.

Ailleurs et autrement, les salariés des deux entreprises, adhérents et autres sympathisants de SUD Santé Sociaux ont rendez vous dés à présent avec leurs permanences habituelles et leurs z’ami-e-s militants pour pacser nos familles et fusionner différemment.

carte SUD SANTE

 

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ORPEA : Faute de dimension spéculative, Orpea doit accélérer à l’international

Sur le marché de la dépendance du secteur privé lucratif la bourse élance son yoyo en ce moment, c’est de son âge. Les uns fusionnent, les autres planifient et d’autres se projettent en bourse pour faire comme les autres. En bref tout le monde spécule, et nous ne manquerons pas de revenir sur les conséquences de tout ça sur le travail et le service.

En attendant, voilà en quels termes se discutent les enjeux de la dépendance du côté des initiés. Presque un délit de lire si peu d’humanité. Imaginez ce que ça donne si on traduit le titre de l’article du point de vu des bénéficiaires concernés (les personnes âgées) : la dimension spéculative insuffisante des personnes âgées dépendantes, (en fauteuil roulant, malades d’Alzheimer, etc.), obligeraient ces derniers à accélérer pour trouver leur salut au delà des frontières.
Franchement, quel meilleur programme pourraient-ont rêvé pour nos aînés..?

http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/infos-conseils-valeurs/infos/faute-de-dimension-speculative-orpea-doit-accelerer-a-l-international-plus-938822.php