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Le nouveau groupe Korian est constitué.
Par Antoine Boudet
Numéro un français grâce à sa fusion avec Medica, Korian veut imposer sa marque dans les maisons de retraite.
Le premier conseil d’administration du nouveau groupe Korian s’est réuni, hier soir, après que les assemblées générales de Medica et de Korian ont approuvé dans la journée l’opération de fusion absorption du premier par le second. Annoncée il y a tout juste quatre mois (« Les Echos » du 19 novembre 2013), elle consiste à former le numéro un français et européen des établissements d’hébergement des personnes âgées dépendantes (Ehpad), devant le français Orpea, avec un chiffre d’affaires cumulé de 2,2 milliards d’euros en 2013 et près de 600 maisons de retraite en France, Allemagne, Belgique et Italie.
Le nouveau groupe, coté à la Bourse de Paris sous le nom de Korian, compte trois actionnaires de référence : Predica à hauteur de 20 %, Batipart le holding de la famille Ruggieri (16 %) et Covea Mars (12,7 %). Il est dirigé par Jacques Bailet, président non exécutif (ex-PDG de Medica), et Yann Coleou, jusqu’ici directeur général de Korian, qui devient directeur général exécutif du nouvel ensemble.
A l’heure où le secteur est pointé du doigt sur ses pratiques commerciales dans une enquête de la DGCCRF (« Les Echos » du 18 mars 2014), le patron opérationnel du groupe affirme dans un entretien aux « Echos » qu’il veut « mettre en avant la force de la marque, garantie de la qualité des prestations de service, précisément pour ne pas être exposé à ces mauvaises pratiques » sur un marché très éclaté. Constatant qu’il n’y pas en France et en Europe « de marque reconnue en tant qu’experte des services aux personnes âgées » , Yann Coleou souhaite « capitaliser sur cette jolie marque qu’est Korian et la confiance qu’elle génère pour à la fois rassurer nos clients, attirer les meilleurs talents dans nos équipes, dialoguer avec la tutelle et communiquer avec nos actionnaires. »
Tout n’est pas réglé
Dès le 19 novembre, Yann Coleou est allé à la rencontre des dirigeants et des partenaires sociaux de Medica pour leur proposer de travailler à la fusion, afin, le jour J, d’être en position d’un « départ lancé ». Ils ont accepté, et c’est ainsi que, dès aujourd’hui,
les réseaux sont organisés et les responsables à leur place pour réussir l’intégration. Tout, cependant, n’est pas réglé : les chantiers d’harmonisation des systèmes informatiques et des régimes sociaux prendront de douze à dix-huit mois. Et il faudra inculquer, à toutes les équipes, les quatre valeurs sur lesquelles le patron de Korian fonde le projet d’entreprise : la bienveillance, la transparence, l’initiative et la responsabilité.
Le nouveau groupe a annoncé 15 millions d’euros de synergies en trois ans, un montant jugé très prudent par les analystes. De même qu’il assure ne pas vouloir faire de la productivité pour faire de la productivité, Yann Coleou indique que la fusion, fondée sur un projet de croissance, n’aura qu’un impact très faible sur l’emploi des 40.000 salariés du groupe. Korian table sur un chiffre d’affaires de 3 milliards en 2017, avec un potentiel de croissance organique qui le portera entre 2,7 et 2,8 milliards. Le solde proviendra d’acquisitions destinées à se renforcer sur ses marchés.
« Le vieillissement de la population était trop souvent perçu comme une charge, nous voulons démontrer que c’est une opportunité sur les plans économiques, par de la création de valeur, sociale, avec quelque 2.000 créations d’emplois non délocalisables par an, et sociétal, en innovant dans le domaine des services » , conclut Yann Coleou.
Par Antoine Boudet